festival cannes 2018 the eternals zhang ke jia

Cold War de Pawel Pawlikowski, Les Lendemains Déchantent

festival cannes 2018 the eternals zhang ke jia

L’équipe de The Eternals ©YesICannes.com

Le quatrième jour de Compétition Officielle a fêté le retour de Jean-Luc Godard, le réalisateur aux plus de 60 films et court-métrages avec son Livre d’Image (France) et Les Éternels (Ash is Purest White), une romance sur fond de pègre du réalisateur chinois Zhang-Ke Jia. Hier, Cold War de Pawel Pawlikowski a décrit une romance perturbées par les enjeux de la guerre froide.

Jean-Luc Godard revient sur la Croisette avec son Livre d’Image qui raconte “de grandes choses d’une voix douce et faible”. Zhang-Ke Jia, qui a gagné le Lion d’Or à Venise en 2006 avec Still Life, met en scène un romance entre les années 2000 et 2018, période où les valeurs traditionnelles et les modes de vie ont radicalement changé. Hier, l’âme slave, empreinte de romantisme et de nostalgie, a chanté son désespoir dans Cold War de Pawel Pawlikowski, qui a récemment gagné un Oscar avec Ida.

festival cannes 2018 cold war pawel pawlikowski

Joanna Kulig & Tomasz Kot – Courtoisie Festival de Cannes

Des lendemains qui déchantent

Cold War de Pawel Pawlikowski ouvre un écran carré sur la Pologne d’après guerre en 1949. Le communisme triomphant veut valoriser l’art folklorique du peuple rural pour le relever de ses humiliations précédentes. Wiktor (Tomasz Kot), pianiste et chef d’orchestre passionné, cherche dans la campagne profonde à la fois des chansons traditionnelles et des voix pour les interpréter au sein d’un mazurek, collectif musical et chorégraphique sous licence du Parti. Sa quête va lui faire rencontrer la belle Zula (Joanna Kulig), une blonde doté d’un fort caractère et d’un bons sens paysan affirmé. L’ensemble constitué de recrues fraiches connait beaucoup de succès, au point d’être contraint de chanter des odes à la gloire de Staline dans une tournée des pays “frères”.

festival cannes 2018 cold war pawel pawlikowski

Joanna Kulig – Courtoisie Festival de Cannes

La liberté ne fait pas toujours le bonheur

Le couple va traîner son amour fusionnel, passionné et chaotique de la Pologne à l’Allemagne, de la France à la Yougoslavie et retour en Pologne. Avec la pression constante de la politique, l’un ne pouvant vivre sans l’autre, les amoureux vont se déchirer et se réconcilier au rythme de la musique, partition de l’histoire entre Wiktor et Zula. A Paris, où enfin les deux amants vivent ensemble, Zula découvre que Wictor, “un homme dans son pays” est devenu “un artiste polonais exilé”, peut-être moins viril… A Paris, il faut “avoir du relief”, paraître et se plier au système des “amitiés” sulfureuses pour avoir du succès et enregistrer un disque. La liberté ne fait pas toujours le bonheur et Zula, dégoutée de la frivolité parisienne, rentre en Pologne.

festival cannes 2018 cold war pawel pawlikowski

Joanna Kulig – Courtoisie Festival de Cannes

L’amour tue temps

Le temps ne compte pas quand on est amoureux semble dire Pawel Pawlikowski, un temps rythmé par la chanson “Le Cœur“, traduite maladroitement en français pour coller à du jazz. Le couple semble toujours près d’un lendemain heureux, mais hélas, la “guerre chaude” découle sur des lendemains qui déchantent… Cold War est un superbe film aux cadrages intelligents et toujours surprenants, à la reconstitution historique époustouflante de vérité, servie par une photo sublime. Et si l’amour, toujours l’amour, reste insatisfait, la musique somptueuse reste essentielle au film.

Cold War de Pawel Pawlikowski
1h24 N&B

festival cannes 2018 the eternals zhang ke jia

©YesICannes.com

La Montée des Marches de Les Eternels de Zhang-Ke Jia

Cliquer pour agrandir – ©YesICannes.com – Tous droits réservés

 

Please share with your friends - Sharing is caring

Cold War de Pawel Pawlikowski, Les Lendemains Déchantent was last modified: May 12th, 2018 by tamel

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.