festival de cannes 2026 gentle monster

Festival de Cannes 2026, Fatherland et Histoires Parallèles

©YesICannes.com
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La compétition du Festival de Cannes 2026 se poursuit sur la Croisette avec deux superbes films : Fatherland de Pawel Pawlikowski et Histoires Parallèles de Asghar Farhadi.

Parallel Tales : la compétition pour la Palme d’or est maintenant bien lancée. Après Ida, salué en 2013, et le Prix de la mise en scène pour Cold War en 2018, Fatherland, du réalisateur et scénariste polonais Pawel Pawlikowski, nous entraîne dans une Allemagne déchirée après la deuxième Guerre Mondiale alors que l’Europe panse ses blessures. De retour à Cannes après A Hero (2021), sélectionné en compétition pour la Palme d’or en 2021, le scénariste, réalisateur et producteur iranien Asghar Farhadi a choisi d’adapter librement un épisode du Décalogue de Krzysztof Kieślowski pour ses Histoires Parallèles (Parallel Tales).

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©Agata Grzybowska

Fatherland de Pawel Pawlikowski

Huit ans après avoir reçu le Prix de la mise en scène pour Cold War en 2018, Paweł Pawlikowski retrouve la Compétition officielle avec Fatherland, une œuvre crépusculaire qui confirme son obsession pour les frontières invisibles de l’Europe et de la mémoire. Filmé dans un noir et blanc d’une splendeur austère par le chef opérateur Łukasz Żal, le film suit le retour de Thomas Mann en Allemagne en 1949, accompagné de sa fille Erika. À bord d’une imposante Buick noire, le père et la fille traversent un pays pulvérisé par la guerre et déjà fracturé par les premiers soubresauts de la guerre froide. Mais chez Pawlikowski, le voyage géographique importe moins que les secousses intérieures : chaque ville traversée devient le reflet d’une culpabilité européenne encore fumante.

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©Agata Grzybowska

Les héritages empoisonnés de l’Histoire

Loin du simple biopic historique, Fatherland avance comme une méditation élégiaque sur l’exil et la désillusion. Sandra Hüller apporte au film une intensité discrète, presque spectrale, tandis que Hanns Zischler incarne une Allemagne intellectuelle hantée par ses propres ruines morales. Fidèle à l’épure qui faisait déjà la force de Ida, Paweł Pawlikowski refuse tout didactisme et préfère filmer les silences, les regards perdus dans les paysages détruits, les conversations suspendues dans les cafés d’après-guerre. À Cannes, Fatherland se présente comme une œuvre d’une grande élégance formelle, mais surtout comme un film profondément contemporain dans sa manière d’interroger les héritages empoisonnés de l’Histoire européenne.

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Isabelle Huppert ©YesICannes.com

Histoires Parallèles de Asghar Farhadi

Avec Histoires Parallèles (Parallel Tales), Asghar Farhadi signe probablement son œuvre la plus vertigineuse depuis Une Séparation. Installé dans un Paris sans clichés ni cartes postales, le réalisateur transforme quelques appartements du boulevard Saint-Martin en un fascinant théâtre mental où la fiction contamine progressivement le réel. Sylvie, romancière incarnée par Isabelle Huppert, observe ses voisins comme on construit un roman : par fragments, intuitions et projections. Lorsqu’elle engage Adam, mystérieux jeune homme interprété par Adam Bessa, l’équilibre du récit se dérègle peu à peu, jusqu’à faire vaciller la frontière entre l’imaginaire et la vie vécue. Fidèle à son goût des récits à tiroirs, Farhadi orchestre ici un labyrinthe émotionnel où chaque regard, chaque silence et chaque bruit semble cacher une autre histoire.

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©Carole Bethuel

Prisonniers de leurs propres constructions mentales

Librement inspiré du sixième épisode du Décalogue, le film rend hommage à l’univers du maître polonais sans jamais céder à la citation nostalgique. Plus que l’image, c’est le son qui devient ici matière dramatique : les personnages espionnés sont des bruiteurs, capables de fabriquer artificiellement le réel à partir de simples gestes enregistrés en studio. Cette idée irrigue tout le film. Le fracas de la pluie, un souffle derrière une porte, une voix entendue à travers une cloison deviennent des éléments de narration aussi puissants que les dialogues eux-mêmes. Farhadi, qui revendique l’influence de Krzysztof Kieślowski, Robert Bresson ou encore Theo Angelopoulos, compose un film sensoriel d’une sophistication rare, où le hors-champ sonore révèle les angoisses intimes de personnages prisonniers de leurs propres constructions mentales.

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©Carole Bethuel

Œuvre cérébrale mais profondément sensuelle

Autour d’Isabelle Huppert, la distribution française impressionne par sa précision et son trouble permanent. Vincent Cassel, Pierre Niney et Virginie Efira interprètent des personnages doubles, réels et fictifs, dans un jeu de miroirs fascinant où les identités semblent constamment se dérober. Rarement Farhadi aura poussé aussi loin sa réflexion sur la fabrication des récits et sur cette étrange violence propre aux artistes : celle de se nourrir de la vie des autres pour créer. Entre thriller psychologique, réflexion sur le cinéma et méditation sur le désir d’inventer, Histoires Parallèles s’impose à Cannes comme une œuvre cérébrale mais profondément sensuelle, portée par une mise en scène d’une fluidité hypnotique.

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La Montée des Marches de Histoires Parallèles

Cliquer pour agrandir – ©YesICannes.com – Tous droits réservés

Festival de Cannes 2026, Fatherland et Histoires Parallèles was last modified: mai 15th, 2026 by tamel

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