Le Château du Rouët au Muy a accueilli une soirée des Musicales dans les Vignes – Overjoyed – où le jazz, la soul et la poésie de Stevie Wonder ont dialogué avec les paysages de Provence.

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Dans le cadre du festival Les Musicales dans les Vignes de Provence, le projet Overjoyed porté par la chanteuse Alexia Mornet et quatre musiciens complices a offert le 13 août 2026, une lecture sensible, élégante et profondément musicale de l’œuvre d’un artiste dont les chansons aux mille couleurs semblent ne jamais vieillir. Il est des répertoires que l’on reconnaît dès les premières notes : celui de Stevie Wonder appartient à cette catégorie rare. Mais derrière les tubes planétaires se cache une œuvre d’une richesse harmonique et rythmique exceptionnelle, nourrie de soul, de funk, de pop, de jazz et de musiques du monde.

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Richesse du projet Overjoyed
De ses grands albums des années 1970 – Talking Book, Innervisions et Songs in the Key of Life – à ses ballades les plus intimes, Stevie Wonder n’a cessé de transformer la chanson populaire en terrain d’exploration musicale. Superstition, Higher Ground, You Are the Sunshine of My Life ou encore Overjoyed témoignent de cette capacité singulière à associer une mélodie immédiatement mémorable à une sophistication musicale qui résiste au temps. C’est précisément cette richesse que le projet Overjoyed entend révéler.

Alexia Mornet ©YesICannes.com

Alexia Mornet & Sam Tallet (guitare) ©YesICannes.com
Alexia Mornet, une voix envoutante toute en nuances
À l’origine de cette aventure musicale, Alexia Mornet apporte une présence scénique naturellement lumineuse, mais surtout une voix capable de se glisser dans les différentes atmosphères du répertoire. Pour une jeune artiste, son aisance et son « métier » impressionnent. Loin de chercher à reproduire l’interprétation originelle de Stevie Wonder, elle privilégie la sensibilité, la respiration et la couleur. Sa voix devient ainsi un instrument supplémentaire au sein d’une formation où chacun dispose de l’espace nécessaire pour faire vivre la musique dans des solos impressionnants de talent. À ses côtés, Christian Mornet – son père – au piano, Sam Tallet à la guitare, Yann Kamoun à la contrebasse et Olivier Liardet à la batterie forment une équipe particulièrement attentive aux subtilités du langage jazz.

Christian Mornet (piano) ©YesICannes.com

Duo père et fille ©YesICannes.com
Overjoyed, le cœur battant de l’hommage
Impossible de concevoir un projet portant le nom Overjoyed sans s’attarder sur cette merveilleuse ballade. Écrite à l’origine en 1979 avant d’être enregistrée pour l’album In Square Circle en 1985, Overjoyed appartient à ces chansons où Stevie Wonder transforme la fragilité amoureuse en architecture mélodique. Après une longue introduction à la guitare seule, la voix d’Alexia Mornet prend une dimension intimiste pour célébrer cette chanson. Le jazz permet de laisser respirer les silences, de suspendre les phrases et de faire entendre les émotions derrière les notes. La formation réduit alors la puissance du groupe pour privilégier la délicatesse, comme si chaque musicien cherchait moins à démontrer son talent qu’à servir la chanson.

Yann Kamoun (contrebasse) & Sam Tallet (guitare) ©YesICannes.com

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Don’t You Worry ‘Bout a Thing, la joie en mouvement
Dans Don’t You Worry ‘Bout a Thing, le quartet rappelle que Stevie Wonder est aussi un immense compositeur de groove. La chanson, traversée d’influences latines, offre un terrain idéal pour une relecture jazz où la pulsation devient un véritable moteur. Le plaisir vient précisément de cette liberté : la mélodie demeure familière, mais les arrangements permettent aux musiciens de la regarder sous un autre angle. Le morceau conserve son caractère solaire tout en gagnant en souplesse et en profondeur.

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De Isn’t She Lovely à Ribbon in the Sky, la tendresse en partage
Le programme déroule ensuite plusieurs facettes du compositeur. Avec Isn’t She Lovely, l’émotion familiale et la joie communicative de Stevie Wonder trouvent naturellement leur place dans cette relecture en duo chant/contrebasse. Ribbon in the Sky ouvre, elle, un espace plus contemplatif, presque aérien. Puis viennent For Once in My Life et If It’s Magic, deux morceaux qui montrent combien le répertoire de Wonder peut passer de l’exubérance au dépouillement sans jamais perdre son identité. Le choix de Rocket Love et Lately permet également de faire entendre une autre dimension de son écriture : celle d’un auteur capable de construire des climats sophistiqués autour de textes profondément personnels.

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Une formation à « géométrie variable »
L’une des originalités du projet réside dans sa formation à géométrie variable. Le quartet peut se transformer en duo piano-voix, en dialogue entre la chanteuse et la contrebasse, ou encore en échange voix-guitare. Des trios viennent également modifier les équilibres et les couleurs. Cette liberté donne au concert une respiration particulière. Le spectateur ne se trouve jamais face à une simple succession de reprises : chaque configuration permet de redessiner les chansons. Cette approche rejoint l’esprit même du jazz : écouter, répondre, laisser une place à l’autre, prendre un risque musical et accepter que la chanson se transforme au gré de l’instant.

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Spain, de Chick Corea à Stevie Wonder
Le programme s’autorise également une échappée vers Chick Corea avec Spain. Ce choix est particulièrement révélateur du parti pris artistique d’Overjoyed. Il ne s’agit pas de construire un musée Stevie Wonder, mais de replacer son univers dans une histoire plus vaste des musiques improvisées. Spain apporte ses couleurs ibériques, ses tensions harmoniques et son formidable potentiel de dialogue entre les instruments. Le morceau devient ainsi une passerelle naturelle entre jazz, musiques du monde et héritage de la soul.

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Higher Ground, le feu du funk
Après la douceur, le concert retrouve la puissance avec Higher Ground. Le morceau, issu d’Innervisions, est l’un des exemples les plus éclatants du génie rythmique de Stevie Wonder. Dans cette relecture, la batterie, la basse et la guitare peuvent laisser affleurer toute la force du groove, tandis que la voix conserve l’énergie et l’urgence du message. La musique de Wonder n’est jamais seulement festive : derrière le rythme se trouve toujours une pensée, une conscience et une volonté de transmettre.

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They Won’t Go When I Go, l’émotion à fleur de peau
Le moment consacré à They Won’t Go When I Go appartient à une autre temporalité. Cette chanson, que Stevie Wonder interpréta notamment lors de l’hommage rendu à Michael Jackson après sa disparition, porte une gravité particulière. Le quartet en révèle la dimension spirituelle et méditative. Ici, la retenue devient une force. La musique ne cherche pas l’effet : elle accompagne l’émotion.

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I Can’t Help It et Another Star, l’énergie retrouvée
Avec I Can’t Help It puis Another Star, le programme retrouve une sensualité plus rythmique. I Can’t Help It, écrit par Stevie Wonder et interprété notamment par Michael Jackson, témoigne encore de cette capacité à faire dialoguer mélodie, groove et élégance. Another Star, de son côté, permet au groupe de déployer une énergie collective communicative. Le concert avance ainsi par vagues, alternant intimité et jubilation, ballades et pulsations, douceur et envolées.

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All in Love Is Fair, la délicatesse en guise de conclusion
All in Love Is Fair rappelle finalement que Stevie Wonder est avant tout un formidable mélodiste. La chanson offre au projet Overjoyed un écrin idéal pour revenir à l’essentiel : une voix, quelques accords, une ligne mélodique et cette émotion particulière qui naît lorsque la virtuosité disparaît derrière la beauté de la chanson. C’est sans doute là que réside la réussite de cet hommage : ne jamais confondre respect et imitation.

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Un hommage, mais surtout un dialogue
Overjoyed n’est donc pas un simple « tribute ». Le projet cherche à établir un dialogue entre le patrimoine musical de Stevie Wonder et la sensibilité de musiciens nourris de jazz et de musiques du monde. Les arrangements privilégient les couleurs, les silences et les respirations. Ils permettent aux chansons de retrouver leur liberté sans perdre leur âme. Le résultat est un hommage à la fois respectueux et vivant, où la nostalgie se conjugue avec la modernité. Le répertoire de Stevie Wonder y apparaît comme une matière toujours en mouvement, suffisamment forte pour supporter la transformation et suffisamment subtile pour révéler de nouvelles émotions.

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Le Château du Rouët, écrin naturel de roches rouges pour une soirée musicale
Pour accueillir cette rencontre, le festival avait choisi le Château du Rouët, au Muy, dont le décor semble naturellement dialoguer avec l’esprit des Musicales dans les Vignes. Au pied de la Colle du Rouët, entre les Gorges de Pennafort et celles du Blavet, le domaine viticole s’étend sur plus de 70 hectares au cœur d’un environnement classé Natura 2000, un terroir vieux de 250 000 d’années. Les vignes, entourées d’une végétation méditerranéenne remarquable, composent un paysage où les couleurs du terroir répondent à celles de la musique. Ferme templière puis ancien relais de diligences, le Château du Rouët porte également une histoire familiale : cinq générations ont contribué à construire la réputation du vignoble et à préserver cet art de recevoir qui fait partie intégrante de son identité.

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Quand le jazz rencontre l’art de vivre provençal
C’est finalement toute la philosophie des Musicales dans les Vignes de Provence qui s’exprime dans ce type de rendez-vous : réunir la musique, le patrimoine, le vin, la gastronomie et les paysages autour d’une expérience qui dépasse le seul concert. Le 13 août, au Château du Rouët, Stevie Wonder a ainsi voyagé autrement. De Don’t You Worry ‘Bout a Thing à Overjoyed, de Higher Ground à Another Star, en passant par Spain et les ballades les plus sensibles, ses chansons ont changé de costume sans perdre leur identité.
Et lorsque les dernières notes se sont dissipées dans la douceur provençale, il demeurait cette sensation rare : celle d’avoir non seulement entendu Stevie Wonder, mais de l’avoir redécouvert.

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Trois départements, une même promesse d’émotion
Le festival Les Musicales dans les Vignes déploie sa programmation sur trois départements emblématiques du vignoble provençal. Dans les Bouches-du-Rhône, quinze domaines accueillent les concerts au milieu des paysages du Pays d’Aix et des Alpilles. Dans le Var, premier producteur mondial de rosé, vingt-neuf propriétés ouvrent leurs grilles aux festivaliers. Enfin, le Vaucluse propose une immersion entre les prestigieuses appellations de Châteauneuf-du-Pape, du Ventoux et du Luberon. Cette implantation territoriale unique fait des Musicales dans les Vignes le premier festival itinérant de France, capable de fédérer culture, tourisme et viticulture autour d’une même ambition : valoriser l’art de vivre provençal.

Agathe Chauvin et Matthieu Savatier (propriétaire du Château du Rouët) ©YesICannes.com

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Gagnant de la tombola ©YesICannes.com
Le festival des émotions
Avec plus de 25 000 visiteurs accueillis en 2025 et une communauté de plusieurs dizaines de milliers de passionnés, plus de 100 concerts, 130 artistes et 101 soirées œnomusicales programmées, Les Musicales dans les Vignes poursuivent leur ascension tout en restant fidèles à leur ADN. Ici, la musique ne se contente pas d’être écoutée : elle se déguste presque comme un grand cru. À travers ce mariage subtil entre patrimoine, paysages, gastronomie et création artistique, le festival offre une expérience rare où chaque concert devient un voyage sensoriel. Entre l’univers classique, de l’opéra, du jazz, de la chanson française, du jazz manouche, de la soul, du gospel et des musiques du monde, Les Musicales dans les Vignes réside aussi dans sa capacité à faire dialoguer patrimoine musical et mémoire collective.

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