
Lucy Smith, directrice du MIPCOM CANNES ©YesICannes.com
Malgré un marché légèrement en retrait, le MIPCOM CANNES 2026 révèle une mutation profonde des modèles de production, de distribution et de financement des contenus.
MIPCOM CANNES 2026 : Au Palais des Festivals de Cannes, le MIPCOM 2026 s’achève sur le constat d’une industrie audiovisuelle en pleine recomposition. Si le nombre de participants recule légèrement par rapport à l’édition précédente, le marché international des contenus confirme son rôle de carrefour entre studios historiques, chaînes de télévision, plateformes numériques, créateurs et entreprises technologiques. Consolidation des grands groupes, essor des formats verticaux, intelligence artificielle et nouvelles sources de propriété intellectuelle : cette édition témoigne d’un secteur qui ne se contente plus de vendre des programmes, mais cherche à inventer les conditions de leur création, de leur financement et de leur circulation mondiale.

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10 100 professionnels réunis à Cannes : les chiffres d’un marché en transition
Le MIPCOM CANNES 2026 a rassemblé 10 100 délégués, dont 3 150 acheteurs, venus de 104 pays. Des chiffres en léger retrait par rapport à l’année précédente, qui avait enregistré environ 500 participants supplémentaires, quelque 150 acheteurs de plus et une représentation de 107 pays. Le rendez-vous consacré aux jeunes publics, MIPJUNIOR, suit une tendance comparable, avec 600 participants, parmi lesquels 165 acheteurs, contre respectivement 700 et 190 lors de l’édition précédente. Ces données invitent toutefois à dépasser la seule comparaison annuelle. Comme l’a souligné le bilan présenté à la clôture du marché, l’industrie que sert aujourd’hui le MIPCOM n’est plus celle d’il y a cinq ou dix ans. La concentration des studios et des distributeurs modifie les équilibres, tandis que de nouveaux acteurs, de nouveaux modèles économiques et de nouvelles sources d’investissement prennent une place grandissante. Le défi n’est donc pas seulement de réunir davantage de professionnels, mais de faire de Cannes un lieu où se construisent les alliances capables de répondre à cette nouvelle donne.

Lucy Smith, directrice du MIPCOM CANNES tient à préciser : « Notre stratégie est claire : renforcer l’activité principale du MIPCOM dans le domaine des contenus internationaux tout en réunissant les entreprises, les investissements, les technologies et les nouveaux modèles économiques qui pilotent la transformation de l’industrie mondiale du divertissement », a déclaré Lucy Smith, directrice du MIPCOM CANNES. »

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Les grands studios toujours au cœur des négociations internationales
Malgré les bouleversements du secteur, les fondamentaux du MIPCOM demeurent solides : ventes internationales, coproductions, développement de programmes et négociations autour des droits continuent de structurer les échanges. BBC Studios, ITV Studios, Fremantle, Banijay Entertainment et d’autres acteurs majeurs ont participé aux discussions qui rythment le marché, aux côtés des chaînes de télévision, des plateformes de streaming et des distributeurs internationaux. Les grands groupes continuent de considérer Cannes comme un rendez-vous stratégique pour entretenir leurs relations commerciales, identifier de nouveaux partenaires et développer leurs catalogues.

Cecilia Shen ©YesICannes.com
Environnement en transformation
L’édition 2026 a notamment été marquée par la première prise de parole commune de Jessica et Marco Bassetti à la suite de la fusion de Banijay Entertainment et d’All3Media. Cette intervention a donné un visage concret à un phénomène qui redessine le secteur : la consolidation des entreprises et la constitution de groupes capables de peser sur un marché international toujours plus concurrentiel. Autre signal, David Decker, intervenant pour la première fois en tant que président des ventes de contenus de Skydance, a réaffirmé l’importance des acheteurs et des relations internationales. Dans un environnement en transformation, la continuité du dialogue commercial reste essentielle.

Des accords qui illustrent la diversité des nouveaux modèles
Les annonces du marché témoignent de la diversité des stratégies déployées. BBC Studios a ainsi étendu son partenariat avec Samsung TV Plus autour de quatre chaînes FAST, ces chaînes diffusées en streaming gratuitement avec de la publicité. Ce modèle, situé à la croisée de la télévision linéaire et de la distribution numérique, confirme l’intérêt croissant pour des offres capables de toucher les publics sans abonnement payant. ITV Studios a, de son côté, annoncé une activité internationale autour des formats. L’enjeu dépasse la simple vente d’un programme : un format peut être adapté à différents marchés, réinterprété localement et décliné pour des audiences aux habitudes culturelles distinctes. Ces stratégies rappellent que la valeur d’un contenu se mesure désormais aussi à sa capacité à circuler, à se transformer et à trouver plusieurs débouchés commerciaux. Pour les producteurs et les détenteurs de droits, l’international demeure un levier essentiel de développement.

YouTube, créateurs et entreprises technologiques : de nouveaux visages au MIPCOM
L’une des évolutions les plus visibles de cette édition tient à la présence renforcée des plateformes numériques et des créateurs. Le retour remarqué de YouTube, aux côtés de nouvelles entreprises et d’acteurs issus de l’écosystème technologique, a illustré l’élargissement progressif du périmètre du marché.
Des entreprises liées à l’univers des créateurs, ainsi que des sociétés spécialisées dans l’intelligence artificielle, ont pris place aux côtés des studios traditionnels. Cette diversité traduit une évolution majeure : la production de contenus ne relève plus exclusivement des chaînes, des grands studios ou des plateformes de streaming. Les créateurs développent leurs propres univers, construisent des communautés et peuvent faire émerger des propriétés intellectuelles originales susceptibles d’intéresser les diffuseurs établis. Pour l’industrie, l’enjeu consiste à organiser la rencontre entre ces nouvelles forces créatives et les infrastructures capables de transformer une idée en programme distribué à grande échelle.

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Le contenu vertical et l’intelligence artificielle rebattent les cartes
La transformation ne concerne pas seulement les acteurs présents sur le marché. Elle touche également les formats et les méthodes de fabrication.
La narration verticale remet en question les conventions de la télévision et de la vidéo traditionnelle. Pensée pour les usages mobiles, elle impose d’autres rythmes, d’autres compositions visuelles et de nouvelles habitudes de consommation. Elle ouvre aussi des perspectives commerciales pour les producteurs, les marques et les plateformes qui cherchent à toucher des publics dans des environnements numériques très fragmentés. Parallèlement, l’intelligence artificielle transforme les possibilités de production. Elle intervient dans les processus de création et de fabrication, tout en suscitant de nouvelles interrogations sur les modèles économiques, les compétences et la place des professionnels. Pour le MIPCOM, l’objectif affiché n’est pas de délaisser son cœur de métier, mais d’élargir les opportunités qui l’entourent. L’ambition est de connecter les acteurs traditionnels à de nouvelles technologies, à de nouvelles formes de créativité et à des partenaires commerciaux susceptibles de faire émerger d’autres sources de revenus.

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Les marques et les agences s’invitent dans l’économie des contenus
L’autre évolution notable concerne les passerelles entre divertissement, marketing et financement. Le Brandwork CXO Summit, organisé en marge du marché, a réuni des dirigeants issus des technologies des médias, des marques, des agences, des studios de création et de la distribution.
Les échanges ont porté sur la manière de développer des contenus à partir de la propriété intellectuelle, de créer des partenariats et de transformer les idées en projets concrets. Dans un paysage où les budgets de production, la visibilité et la concurrence pour capter l’attention sont devenus des enjeux majeurs, ces collaborations peuvent ouvrir de nouvelles voies de financement et de diffusion. Pour les détenteurs de droits, les marques ne sont plus uniquement des annonceurs. Elles peuvent aussi devenir des partenaires de développement, contribuer à la construction d’univers narratifs et participer à des projets conçus pour circuler entre plusieurs plateformes. Cette évolution élargit le champ des possibles, à condition de préserver la cohérence éditoriale et la valeur créative des contenus.

Les créateurs partenaires des plateformes
Le MIPCOM 2026 a également mis en lumière la capacité des créateurs à dialoguer directement avec les acteurs établis de l’audiovisuel. Pour la première fois, le marché s’est ouvert avec la présence de Dharma, créateur de contenu qui a annoncé une nouvelle série scénarisée pour Samsung TV.
Cette annonce illustre une évolution du parcours des projets : une propriété intellectuelle peut naître au sein d’un écosystème de créateurs, puis trouver sa place sur une plateforme de divertissement déjà installée. Les frontières entre création numérique, production audiovisuelle et distribution deviennent ainsi plus perméables.

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Dépasser les marchés d’origine des histoires
Du côté de Fox Entertainment, la stratégie autour des studios de créateurs a également été mise en avant. Billy Parks, directeur de Fox Creator Studios, a évoqué les possibilités offertes par des contenus conçus au plus près des communautés, puis développés pour toucher des audiences internationales. Pour ces créateurs, le défi consiste à franchir une nouvelle étape : transformer leur capacité à fédérer un public en projets durables, tout en trouvant les partenaires qui permettront à leurs histoires de dépasser leur marché d’origine.

Billy Parks au micro ©DR
Le MIPCOM, plateforme internationale pour une industrie élargie
À l’heure du bilan, le MIPCOM réaffirme son ambition : demeurer une place centrale du commerce international des contenus tout en intégrant les nouveaux investissements, les technologies et les modèles économiques qui transforment le divertissement. La stratégie repose sur plusieurs priorités : attirer de nouveaux acheteurs et modèles de distribution, connecter les professionnels à de nouvelles sources de propriété intellectuelle et de créativité, et créer des opportunités avec des partenaires commerciaux venus d’autres secteurs. Cette orientation ne signifie pas que les ventes de programmes, les coproductions ou les accords de distribution perdent leur importance. Elle traduit plutôt la volonté d’élargir l’écosystème autour de ces activités historiques.

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Nouveaux contenus et nouveaux usages
Le MIPCOM 2026 dessine ainsi le portrait d’une industrie à deux vitesses apparentes, mais étroitement liées : d’un côté, des groupes qui se consolident pour renforcer leur présence internationale ; de l’autre, une constellation de créateurs, de plateformes et d’entreprises technologiques qui fait émerger de nouveaux contenus et de nouveaux usages. À Cannes, le marché audiovisuel ne se limite plus à négocier les programmes de demain. Il cherche aussi à définir qui les créera, comment ils seront financés et par quels chemins ils rencontreront leur public.

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MIPCOM 2026 : l’Audiovisuel Mondial Réinvente ses Alliances et ses Modèles
Cliquer pour agrandir – ©YesICannes.com – Tous droits réservés
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