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Quelques jours à Nagi (Nagi Notes) de Kōji Fukada inaugure la course à la Palme d’Or du Festival de Cannes 2026 suivi de La Vie d’Une Femme de Charline Bourgeois-Tacquet.
Festival de Cannes 2026 : ouvert hier avec la projection de La Vénus Électrique de Pierre Salvadori, la 79e édition du Festival de Cannes a vu la compétition officielle s’ouvrir sur Quelques jours à Nagi (Nagi Notes) de Kōji Fukada, le premier des trois films japonais présentés en compétition – une première ! Une première aussi pour Kōji Fukada qui, habitué de la Croisette depuis plus d’une décennie présente pour la première fois un de ses films à la compétition principale. Premier film français en compétition : Charline Bourgeois-Tacquet a présenté son deuxième long métrage, La Vie d’Une Femme avec Léa Drucker et Mélanie Thierry, après Les Amours d’Anaïs, en 2021, en séance spéciale.

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Émotion sourde et profondément humaine
Dans le calme presque irréel des montagnes japonaises, Kōji Fukada signe avec Quelques jours à Nagi une œuvre d’une délicatesse rare, présentée en Compétition. Adapté de la pièce Tōkyō Notes d’Oriza Hirata, le film suit Yuri, architecte divorcée incarnée par Shizuka Ishibashi, venue retrouver son ancienne belle-sœur Yoriko, sculptrice interprétée par Takako Matsu. Dans ce village suspendu de Nagi, les journées semblent s’étirer hors du temps ; les regards remplacent les mots, les gestes deviennent confidences. Fukada filme les silences comme d’autres mettent en scène les grands bouleversements, laissant émerger une émotion sourde et profondément humaine.

©2026 Nagi Notes Partners (Star Sands/Hassaku Labds/Wonderstruck)/Survivance/Momo Film Co
Chroniqueur des failles intimes
Fidèle de Cannes depuis Harmonium, récompensé par le Prix du Jury à Un Certain Regard en 2016, Kōji Fukada confirme ici son talent de chroniqueur des failles intimes. Inspiré autant par Voyage à Tokyo que par La Belle Noiseuse, le réalisateur compose une méditation lumineuse sur le temps, la création et les liens invisibles qui unissent les êtres. Entre ruralité apaisée et mémoire affective, Quelques jours à Nagi enveloppe le spectateur d’une douceur mélancolique qui pourrait bien compter parmi les plus belles émotions de cette édition cannoise.

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La Vie d’une femme, partition délicate
Révélation sensible de la Semaine de la Critique avec Les Amours d’Anaïs, Charline Bourgeois-Tacquet accède cette année à la Compétition officielle du Festival de Cannes avec La Vie d’une femme, un deuxième long métrage d’une grande maturité émotionnelle. Tourné entre la région lyonnaise, l’Ain et la Savoie, le film déploie un drame intime autour de Gabrielle, brillante chirurgienne incarnée par Léa Drucker, dont l’existence minutieusement organisée vacille lorsqu’une romancière, interprétée par Mélanie Thierry, vient observer son service hospitalier pour nourrir son prochain livre. Aux côtés de Charles Berling, Laurent Capelluto et Marie-Christine Barrault, la cinéaste compose une partition délicate où le tumulte du soin, la fatigue des responsabilités et le surgissement du désir s’entrelacent avec une infinie subtilité.

Léa Drucker ©DR
Vies féminines construites dans le renoncement
Avec La Vie d’une femme, Charline Bourgeois-Tacquet abandonne les élans solaires et les bavardages amoureux de ses précédents récits pour explorer un territoire plus feutré, presque clinique : celui des vies féminines construites dans le renoncement. Dans les couloirs d’un hôpital public filmés comme un labyrinthe mental, Gabrielle – Léa Drucker – avance à un rythme qui semble lui interdire toute fragilité. Entre les opérations, une mère vieillissante et un mariage devenu silencieux, elle a appris à tout contenir. Jusqu’à l’arrivée de Frida, romancière libre et instinctive à laquelle Mélanie Thierry prête une présence magnétique. Plus qu’une rencontre, c’est une déviation intime : un déplacement imperceptible qui fissure la mécanique parfaitement huilée de son existence.

Mélanie Thierry & Léa Drucker ©DR
Épure et zones de silence
Là où beaucoup auraient construit un mélodrame sentimental, Charline Bourgeois-Tacquet choisit au contraire l’épure et les zones de silence. La réalisatrice capte les gestes minuscules – un regard suspendu, une fatigue mal cachée, une respiration retenue avant d’entrer au bloc – pour raconter l’épuisement contemporain des femmes qui portent tout sans jamais réclamer d’espace pour elles-mêmes. Face à un casting d’une rare élégance, de Charles Berling à Marie-Christine Barrault, Léa Drucker impressionne par son jeu intérieur, presque opaque, qui laisse peu à peu remonter le trouble sous la maîtrise. Entre chronique hospitalière, portrait amoureux et réflexion sur le désir tardif, La Vie d’une femme s’impose comme l’une des propositions françaises les plus sensibles et inattendues de cette sélection cannoise.

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La Montée des Marches de La Vie d’une femme
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