
Barry Gossin & Philippe Aighion ©YesICannes.com
L’intelligence artificielle va-t-elle transformer l’économie mondiale ? La vision du grand économiste et Nobel, Philippe Aghion en ouverture du MIPIM 2026.
MIPIM 2026 : En quelques années seulement, le monde a basculé. Après une décennie marquée par des cycles économiques relativement prévisibles, l’arrivée de la pandémie de COVID-19, les tensions géopolitiques et la crise énergétique ont profondément bouleversé les repères. Dans ce contexte d’incertitude globale, une nouvelle révolution s’impose : celle de l’intelligence artificielle. Pour le Nobel d’économie franco-britannique Philippe Aghion, interviewé par le PDG du groupe Newmark Barry Gosin en ouverture du MIPIM, l’IA pourrait devenir l’un des plus puissants moteurs de croissance du XXIᵉ siècle… à condition d’être accompagnée des bonnes institutions.

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Une révolution technologique comparable aux grandes mutations industrielles
L’histoire économique a toujours été marquée par ce que l’économiste Joseph Schumpeter appelait la “destruction créatrice” : l’innovation détruit certains emplois ou secteurs mais en crée d’autres, souvent plus productifs. Selon Philippe Aghion, l’intelligence artificielle s’inscrit parfaitement dans cette logique. Elle automatise certaines tâches, accélère la recherche et facilite la création de nouvelles idées. « L’IA possède un potentiel extraordinaire de croissance », explique-t-il. « Elle permet de générer des connaissances, d’analyser des données à grande échelle et d’inventer de nouveaux modèles économiques. »Mais cette transformation n’est pas sans risques…
Le danger d’une concentration du pouvoir technologique
L’un des grands défis de l’ère de l’intelligence artificielle concerne la concentration du marché entre quelques géants technologiques. Des entreprises comme OpenAI, Google ou Microsoft disposent aujourd’hui d’une puissance de calcul, de données et d’investissements difficilement égalable. Pour l’économiste, le danger n’est pas la technologie elle-même, mais l’absence de concurrence. « Si quelques entreprises contrôlent l’IA, l’innovation risque de ralentir », souligne-t-il. « C’est pourquoi les politiques publiques doivent encourager la compétition et permettre l’émergence de nouveaux acteurs. »

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L’éducation, clé du monde de demain
Face à l’automatisation, la question de l’emploi reste centrale. L’intelligence artificielle pourrait remplacer certains métiers, mais en créer de nombreux autres. La véritable réponse se situe selon lui dans l’éducation. Les systèmes scolaires doivent désormais développer : la pensée critique, la créativité, l’esprit entrepreneurial, la capacité à travailler en équipe et l’adaptabilité face aux technologies.« À l’école, on ne doit pas seulement apprendre des compétences techniques », explique-t-il. « Il faut apprendre à apprendre. »

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L’Europe face au défi de l’innovation
Dans la compétition mondiale, les États-Unis disposent d’un avantage majeur grâce à leur écosystème d’innovation et de financement de la recherche. Cependant, l’Europe possède un atout essentiel : son modèle social. Des systèmes de protection sociale solides peuvent aider les travailleurs à s’adapter aux transformations technologiques. Des pays comme le Danemark ont déjà développé des dispositifs permettant de sécuriser les transitions professionnelles. Pour Philippe Aghion, la prospérité future dépendra d’un équilibre entre innovation et protection sociale.« La technologie seule ne suffit pas. La prospérité est toujours le résultat d’une combinaison entre innovation et institutions. »

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L’IA peut-elle améliorer la qualité de vie ?
Au-delà des chiffres de croissance, l’économiste rappelle que la véritable mesure du progrès réside dans l’amélioration de la qualité de vie. De la médecine aux transports en passant par l’accès à l’information, les innovations ont déjà profondément transformé notre quotidien. L’intelligence artificielle pourrait accélérer ces transformations : recherche scientifique plus rapide, diagnostics médicaux améliorés, nouveaux services numériques. Mais tout dépendra des choix politiques et économiques faits aujourd’hui. Car si la technologie ouvre d’immenses perspectives, la manière dont les sociétés l’organisent déterminera son impact réel sur nos vies.

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