
Daniel Avena ©YesICannes.com
« Quand la mort t’appelle » : le premier roman noir de Daniel Avena révèle une autre facette d’Antibes où l’écriture devient une victoire sur le destin.
Daniel Avena : Il y a parfois des livres qui dépassent leur simple dimension romanesque pour devenir un acte de vie. C’est le cas de « Quand la mort t’appelle », premier roman de Daniel Avena paru chez Hello Editions et présenté en séance de dédicaces le 4 juillet 2026 à la boulangerie de l’artisan Boulanger Veziano, à Antibes. Le choix du lieu n’a rien d’anodin : dans cette maison emblématique où se croisent habitants fidèles et visiteurs de passage, l’ancien président du tribunal de commerce d’Antibes est venu partager une autre facette de sa vie, celle d’un homme qui, à 68 ans, transforme une passion longtemps silencieuse en aventure littéraire.

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À Antibes, la naissance d’un nouvel auteur
Atteint d’une forme atypique de la maladie de Charcot, Daniel Avena n’aborde pas l’écriture comme un simple loisir, mais comme un défi personnel. « J’écris depuis que j’ai dix ans, mais je gardais tout pour moi », confie-t-il. Face à l’épreuve de la maladie, publier devient une manière de se prouver qu’il est encore possible de créer, de transmettre et de donner corps à une imagination nourrie par toute une vie d’expériences. Derrière ce premier roman se cache ainsi une remarquable leçon de résilience.

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Antibes, personnage central d’un thriller noir
Si l’intrigue s’ouvre sur la découverte du corps décapité d’un notable dans les rues d’Antibes, la cité azuréenne n’est jamais un simple décor. Elle devient un personnage à part entière, traversé par ses ruelles, ses secrets, son histoire et les souvenirs de son auteur.
Le commandant Lesueur, chargé d’élucider cette série de crimes rituels, évolue dans une ville que Daniel Avena connaît intimement. Né à Antibes, il y a construit sa vie professionnelle et personnelle, multipliant les rencontres qui nourrissent aujourd’hui son œuvre.

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Le karma et ses conséquences
Son passé à la tête du tribunal de commerce lui a offert une galerie de caractères, d’histoires humaines et de destins dont il s’inspire sans jamais tomber dans le roman à clés. L’intrigue repose sur un fil rouge aussi mystérieux que philosophique : une ancienne faute, un secret enfoui et une vengeance qui semble obéir à une forme de justice implacable. Une idée née lors d’un voyage en Thaïlande, où une maxime entendue par hasard – « l’eau finit toujours par retourner à sa source » – a fait naître dans son esprit une réflexion sur le karma et les conséquences inévitables des actes humains.

Daniel Avena face à la maison ou il est naît ©YesICannes.com
Un polar psychologique plus qu’un roman de violence
À première vue, Quand la mort t’appelle pourrait être classé parmi les thrillers les plus sombres. Les décapitations, les scènes de crime et la tension permanente pourraient laisser croire à une escalade de violence spectaculaire. Pourtant, Daniel Avena prend le contre-pied de cette lecture. « Ce n’est pas du gore gratuit, c’est un rituel », explique-t-il. Les meurtres deviennent ici un langage, une mise en scène destinée à révéler une mécanique psychologique plus profonde. L’auteur revendique son admiration pour certains maîtres du roman noir italien, où la violence n’est jamais une finalité mais un révélateur des fractures humaines.

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Rythme et tension dramatique
Cette volonté se retrouve également dans la construction du récit. Découpé comme une série télévisée, alternant scènes d’action, flash-back et monologues intérieurs du tueur, le roman privilégie le rythme et la tension dramatique. Le lecteur suit simultanément l’enquête du commandant Lesueur et les pensées de l’assassin, dans une progression qui entretient le suspense jusqu’aux dernières pages.

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Une réflexion sur la justice et la nature humaine
L’une des qualités du roman réside dans son refus du manichéisme. Chez Daniel Avena, les frontières entre le bien et le mal demeurent volontairement floues. Le commandant Lesueur, inspiré de plusieurs policiers rencontrés au fil de sa carrière, conjugue pragmatisme, empathie et sens du devoir, tandis que le meurtrier conserve, malgré l’horreur de ses actes, une part d’humanité qui trouble les certitudes du lecteur.

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Culpabilité, vengeance, responsabilité…
Cette complexité psychologique confère au récit une profondeur inattendue. Plus qu’une enquête criminelle, Quand la mort t’appelle interroge les notions de culpabilité, de vengeance, de responsabilité individuelle et de justice. Des thèmes qui résonnent naturellement avec le parcours de son auteur, longtemps confronté aux réalités du monde judiciaire.

Boulangerie Veziano ©DR
Une première œuvre prometteuse
Avec ce premier roman, Daniel Avena réussit à installer un univers personnel où le thriller se nourrit autant de philosophie que d’observation sociale. Loin des effets de mode, il propose une intrigue solidement construite, portée par une écriture visuelle qui appelle naturellement une adaptation audiovisuelle. L’auteur confie d’ailleurs qu’une seconde aventure du commandant Lesueur est déjà en gestation. Elle pourrait explorer un nouveau thème, celui de « la justice du peuple ». Mais, fidèle à sa lucidité, Daniel Avena refuse toute certitude : « Avec la maladie, je vis au jour le jour. Si le temps me le permet, la suite sortira. »

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Victoire intime et urgence de vivre
Cette phrase résume peut-être à elle seule toute la portée de Quand la mort t’appelle. Au-delà de son efficacité de polar, ce premier livre est aussi l’histoire d’un homme qui choisit, envers et contre tout, de continuer à créer. Une victoire intime qui donne à ce thriller une émotion rare et rappelle que la littérature naît parfois de l’urgence de vivre autant que du plaisir de raconter.

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