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À Cannes, le WAICF trace la voie d’une intelligence artificielle à visage humain, ancrée dans les territoires, dont les Alpes Maritimes en incarne l’ambition et le dynamisme.
Sur la scène du Palais des Festivals et des Congrès de Cannes, l’intelligence artificielle n’est ni un gadget, ni une menace abstraite. Elle est une question de civilisation. C’est avec cette conviction forte que David Lisnard, maire de Cannes, a ouvert l’inauguration du World Artificial Intelligence Cannes Festival (WAICF), un rendez-vous devenu incontournable pour penser l’IA autrement : avec lucidité, ambition et responsabilité. Né d’une réflexion partagée il y a quelques années avec Charles-Ange Ginesy et Marco Landi, le WAICF est la réponse à une intuition fondatrice : face au « tsunami » de l’IA, il fallait sortir du double piège de la fascination naïve et de la peur paralysante. Ni technophilie aveugle, ni technophobie stérile. Mais un lieu où l’on anticipe, comprend et maîtrise les usages de l’intelligence artificielle.

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La Côte d’Azur, terre d’innovation et de rencontres
Si le WAICF s’impose aujourd’hui à Cannes, ce n’est pas un hasard. Le Palais des Festivals et des Congrès, devenu en quelques années le premier centre de congrès européen, incarne cette dynamique. Carrefour des salons professionnels B to B, il accueille un enchaînement d’événements majeurs – du MIDEM relancé au MIPIM, en passant par le Festival des Jeux – et joue un rôle clé de fertilisation croisée entre industries, talents et idées. À taille humaine, connectée au monde grâce à l’aéroport Nice Côte d’Azur, Cannes revendique une identité singulière : celle d’une ville où l’innovation se vit à hauteur d’homme. Un cadre idéal pour accueillir « la crème de la crème » mondiale de l’IA, qu’elle soit matérielle ou logicielle, entrepreneuriale ou créative.

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L’IA, un enjeu économique… mais surtout humain
Si l’intelligence artificielle représente un enjeu économique colossal – avec un marché mondial estimé à 1 800 milliards de dollars d’ici quatre ans – David Lisnard insiste : le véritable défi est anthropologique. L’IA interroge ce qui fait l’essence même de l’être humain : sa capacité à créer, à juger, à innover, à prendre des risques. Mal maîtrisée, elle pourrait reléguer l’Europe au rang de simple consommatrice de technologies américaines ou chinoises. Bien maîtrisée, elle peut devenir un formidable levier de prospérité et de souveraineté. Encore faut-il lever les freins structurels : manque de capitalisation, instabilité fiscale, excès de normes, découragement de l’investissement. « On ne maîtrise pas une technologie en la régulant uniquement, mais en la produisant ! », martèle le maire de Cannes, dénonçant une Europe championne de la norme mais absente des géants industriels de l’IA.

David Lisnard ©YesICannes.com
Cannes, laboratoire d’une IA au service de l’humain
Sur le terrain, certaines collectivités montrent la voie. Cannes en est un exemple concret. Intelligence artificielle pour l’analyse de l’état des voiries, IA générative pour diviser par dix le temps de traitement administratif, robotique pour soulager les tâches répétitives : autant d’outils qui permettent de gagner en efficacité, de réduire les coûts, mais surtout de « remettre de l’humain au service de l’humain ». À Cannes, l’IA ne remplace pas la relation humaine : elle la protège. « Vous appelez la mairie, à n’importe quelle heure, vous avez un être humain au bout du fil », rappelle David Lisnard, résolument hostile aux serveurs vocaux déshumanisés.

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Investir, produire, éduquer : les trois piliers de l’avenir
Pour que l’Europe devienne une puissance de l’IA, plusieurs leviers sont essentiels : encourager l’investissement privé, créer une DARPA européenne capable de relier recherche fondamentale, innovation appliquée et industrialisation, et garantir une énergie abondante, « décarbonée et pilotable », condition sine qua non du développement technologique. Mais au-delà de l’économie et de la technique, l’enjeu majeur reste éducatif. « La véritable menace n’est pas une IA trop intelligente, mais une intelligence humaine qui renonce. Former des esprits critiques, capables de discernement, de créativité et de jugement, est la clé pour faire de l’IA un catalyseur – et non une béquille. »

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Une ambition française et européenne portée depuis Cannes
En accueillant le WAICF, Cannes affirme une ambition claire : faire de ce festival un lieu de convergence des initiatives, des investissements et des visions. Un espace où l’intelligence artificielle se pense non pas contre l’homme, mais avec et pour lui. « L’IA ne remplacera pas l’homme. Mais l’homme augmenté remplacera l’homme qui renonce », conclut David Lisnard. À Cannes, sur la Côte d’Azur, l’IA se dessine comme un projet collectif, profondément humain, résolument tourné vers l’avenir.

Marco Landi ©YesICannes.com
Charles-Ange Ginésy défend une IA ancrée dans les territoires
À l’occasion de l’inauguration du cinquième Salon de l’Intelligence Artificielle à Cannes, Charles-Ange Ginesy, Président du Département des Alpes-Maritimes et Président de la Maison de l’IA, a livré un discours à la fois engagé et fédérateur. Un plaidoyer pour une intelligence artificielle européenne souveraine, construite depuis les territoires, au service de l’humain et de la créativité. Dès les premiers mots, l’émotion est palpable. « Quel bonheur de vous voir ici à Cannes », lance-t-il, saluant le rôle déterminant de David Lisnard, maire de Cannes, partenaire de la première heure dans cette aventure numérique entamée dès 2017, bien avant que l’IA ne devienne un sujet grand public. À l’époque, il s’agissait surtout d’anticiper l’arrivée de technologies nouvelles, parfois perçues avec inquiétude.

Charles-Ange Ginesy ©YesICannes.com
Des racines solides, un écosystème pionnier
Pour Charles-Ange Ginésy, rien ne se construit sans mémoire. Il rend hommage à ceux qui ont façonné l’ADN innovant du territoire, à commencer par Pierre Laffitte, visionnaire fondateur de Sophia Antipolis. La technopole, dont les 50 ans ont été célébrés en 2019, constitue selon lui le socle naturel sur lequel les Alpes-Maritimes ont bâti leur ambition en matière d’intelligence artificielle. Un territoire singulier, entre Méditerranée et sommets du Mercantour, propice à la rencontre des talents, des chercheurs, des entrepreneurs et des institutions. Inspirée notamment par des modèles observés au Canada, cette dynamique collective a donné naissance à un projet structurant : la Maison de l’Intelligence Artificielle, devenue un outil central d’acculturation, d’innovation et de rayonnement.

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La Maison de l’IA, catalyseur d’innovations
Depuis sa création, la Maison de l’IA a accueilli plus de **115 000 visiteurs**, confirmant l’appétence du public et des professionnels pour ces enjeux technologiques. Autour d’elle s’est structuré un écosystème vivant, associant entreprises, universités, chambres consulaires et collectivités. Le Salon de l’IA, aujourd’hui organisé par RX, s’inscrit pleinement dans cette dynamique. Son succès ne se dément pas : plus de 5 000 visiteurs BtoB, 8 000 visiteurs BtoC lors de la précédente édition, et une mobilisation croissante des territoires. Cette année encore, plus de 60 départements ont répondu présent, faisant des Alpes-Maritimes un véritable laboratoire national de l’IA.

Une ambition européenne, portée par les territoires
Face à la domination des géants américains et chinois du numérique, Charles-Ange Ginésy ne cache pas son impatience. « L’Europe s’endort ! », alerte-t-il, appelant à un sursaut collectif. Si des pépites comme Mistral AI incarnent un espoir, l’effort d’investissement reste largement insuffisant face aux montants annoncés outre-Atlantique. Pour lui, la réponse passe par les territoires. Les départements, proches des réalités de terrain, sont des leviers essentiels pour expérimenter, déployer et diffuser les solutions d’intelligence artificielle. Sur le salon, 28 start-up réunies sur le pavillon des Alpes-Maritimes illustrent cette capacité d’innovation locale, déjà à l’œuvre dans les domaines de l’enfance, du grand âge, des infrastructures ou encore de la gestion publique.

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L’IA au service de l’humain et de la création
Si l’IA transforme les usages, elle ne doit pas faire disparaître l’essence humaine. Charles-Ange Ginésy s’interroge, aux côtés de Jean-Michel Jarre, sur la place de la création artistique à l’ère de l’algorithme. Peut-elle remplacer l’artiste, l’émotion, la sensibilité ? Sa réponse est claire : l’intelligence artificielle est un outil, pas une fin. L’homme, affirme-t-il, a encore « de belles années devant lui », à condition de s’approprier ces technologies avec discernement, créativité et souveraineté. Moins de normes, plus de solutions. Moins de contraintes, plus d’audace.

Jean-Michel Jarre ©YesICannes.com
Construire une France forte, innovante et souveraine
En filigrane de ce discours, une conviction profonde : l’intelligence artificielle est une chance historique pour la France et pour l’Europe, à condition de la penser collectivement. « Les solutions sont ici ! », répète Charles-Ange Ginésy, convaincu que les Alpes-Maritimes peuvent jouer un rôle moteur dans cette transformation. Un territoire laboratoire, une IA humaniste, une ambition européenne assumée : à Cannes, le message est clair. L’avenir de l’intelligence artificielle se construit maintenant, depuis les territoires, pour une France forte, créative et reconnue dans le monde.

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Anne Le Henanff : une IA française responsable et inclusive
Anne Le Henanff, ministre déléguée à l’Intelligence artificielle, a ouvert officiellement la cinquième édition du World AI Cannes Festival. Devant une large auditoire de professionnels internationaux, la ministre a livré un discours résolument optimiste, affirmant avec conviction que la France et l’Europe disposent aujourd’hui de tous les atouts pour devenir des leaders mondiaux de l’IA. Anne Le Henanff a salué l’énergie collective du territoire azuréen et l’engagement des élus locaux, soulignant combien ce festival est devenu, en quelques années, un rendez-vous incontournable de l’écosystème français de l’intelligence artificielle. Santé, industrie, finance, collectivités, éducation ou transition énergétique : l’IA est désormais partout, et Cannes en est l’une des vitrines majeures.

Anne Le Henanff ©YesICannes.com
Un tournant depuis le Sommet de Paris
Un an après le Sommet pour l’action sur l’IA à Paris, la ministre l’affirme : il y a eu « un avant et un après ». Les engagements pris ont été suivis d’effets concrets. En seulement douze mois, les start-up françaises de l’IA ont levé plus de 2,5 milliards d’euros, tandis que les projets de centres de données se sont accélérés, avec 5,8 gigawatts de puissance électrique sécurisée, garantissant autonomie et résilience. Un développement rendu possible, selon elle, par un atout stratégique majeur : une énergie décarbonée et abondante, qui place la France dans une position favorable face à de nombreux pays concurrents. Soutenue par des programmes comme Choose France for Science, la recherche française attire également des talents internationaux de premier plan. Pour Anne Le Henanff, « l’IA française n’est plus une promesse, c’est une réalité ! ».

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Une vision singulière : l’IA qui nous ressemble
Au-delà de la performance technologique, la ministre revendique une approche profondément européenne de l’intelligence artificielle. Une IA responsable, durable et au service du bien commun, qui pourrait devenir, à moyen terme, un véritable avantage compétitif à l’échelle mondiale. Cette vision se matérialise notamment à travers la Coalition pour l’IA durable, lancée il y a un an et qui fédère aujourd’hui plus de 220 membres, ainsi que la Fondation Current AI, engagée dans des projets concrets autour de l’inclusion et de la diversité linguistique. Une manière de rappeler que l’IA ne doit pas être réservée à quelques grands groupes, mais bénéficier à tous.

Jean-Pierre Savarino (au micro) ©YesICannes.com
Accélérer l’adoption par les PME et les territoires
Consciente que la diffusion de l’IA reste encore trop lente dans les TPE et PME, la ministre a annoncé le déploiement, dès cet été, d’une plateforme nationale de cas d’usage. Objectif : montrer concrètement comment l’IA peut aider un artisan, un commerçant, une petite collectivité ou une entreprise locale à gagner en efficacité et en compétitivité. Ce chantier s’inscrit dans le plan Oser l’IA, soutenu par France 2030, qui accompagnera financièrement les entreprises souhaitant franchir le pas. « Si nous n’allons pas assez vite, nous nous ferons doubler… », a-t-elle prévenu, appelant à une mobilisation collective.

Jean Léonetti, Charles-Ange Ginesy, Jean-Pierre Savarino ©YesICannes.com
Un État exemplaire et engagé
L’État, a rappelé Anne Le Henanff, se doit d’être exemplaire. Tous les ministères ont désormais intégré l’IA dans leur feuille de route numérique. Un assistant IA interministériel est déjà déployé dans huit ministères, et plus de 50 000 agents publics ont été formés ou sensibilisés en 2025. Une dynamique appelée à s’intensifier.

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La France sur la scène internationale
La ministre a également évoqué l’agenda international chargé qui attend la France. Dès la semaine suivante, elle accompagnera le Président de la République au Sommet pour l’impact de l’IA à New Delhi, où la France portera trois priorités fortes : la protection des mineurs, l’IA durable et la diversité linguistique. Un engagement qui se poursuivra en 2026 avec la présidence française du G7, au cours de laquelle la France entend promouvoir une IA sûre, innovante, résiliente et respectueuse des valeurs démocratiques.

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L’innovation ne se fait pas qu’à Paris
Anne Le Henanff a tenu à souligner l’importance des territoires dans cette révolution technologique. Plus d’une start-up sur deux se crée aujourd’hui hors d’Île-de-France, et 40 % des emplois de la French Tech sont implantés en région. La Provence-Alpes-Côte d’Azur illustre parfaitement cette dynamique, avec un écosystème innovant, audacieux et engagé. La ministre a salué les entreprises présentes au WAICF, véritables ambassadrices d’une IA à la française, innovante et responsable, avant de rappeler que l’intelligence artificielle n’est pas seulement une révolution technologique, mais bien une révolution de société.

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Une troisième voie européenne
En conclusion, la ministre a réaffirmé sa conviction : entre les modèles américain et chinois, une troisième voie, française et européenne, est non seulement possible, mais nécessaire. Une IA humaine, éthique et inclusive, construite avec les territoires et pour les citoyens. À Cannes, le message est clair : l’avenir de l’IA se joue maintenant, et la France entend bien en être l’un des acteurs majeurs.

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