festival de musique ancienne de callas

Tempêtes Baroques au Festival de Musique Ancienne de Callas

Au Festival de Musique Ancienne de Callas, « Tempêtes Baroques » a fait passer un souffle d’émotions pour un final d’exception où Jeanne Zaepffel et Gilbert Bezzina ont célébré le génie baroque.

Le 34e Festival de Musique Ancienne de Callas s’est achevé dans la magnifique acoustique de l’église Notre-Dame de l’Assomption par une soirée d’une rare intensité le 26 juillet 2026. Baptisé Tempêtes Baroques, ce dernier rendez-vous a réuni la soprano Jeanne Zaepffel et l’Ensemble Baroque de Nice, dirigé par le violoniste Gilbert Bezzina, pour un voyage musical où les vents, les orages et les passions humaines devenaient les véritables protagonistes. À travers les chefs-d’œuvre d’Antonio Vivaldi, Georg Friedrich Haendel, Georg Philipp Telemann, Élisabeth Jacquet de La Guerre, Francesco Geminiani et Jean-Philippe Rameau, le public a découvert toute la puissance expressive du baroque européen, capable de peindre les éléments avec une modernité toujours saisissante. Coïncidence ou concordance, les cieux s’étaient invités à la fête puisqu’en prélude au concert, un orage d’une rare violence s’est abattu sur Callas!

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L’Ensemble Baroque de Nice ©YesICannes.com

Une dramaturgie musicale où la nature devient héroïne

Le programme s’ouvrait avec la poignante Sinfonia in si mineur al Santo Sepolcro RV 169 de Vivaldi, méditation d’une sobriété presque mystique où les silences et les dissonances installaient une tension dramatique saisissante. Les premières pages vocales de Haendel, Finché un zeffiro soave, extrait de Ezio, puis Notte placida e cheta, révélaient une autre facette du compositeur : celle d’un maître du souffle et de la respiration musicale, où la douceur d’une brise peut soudain laisser place aux tourments de l’âme. L’impressionnant Thou didst blow, extrait de l’oratorio Israel in Egypt, venait ensuite faire surgir toute la puissance évocatrice de l’écriture de Haendel. Les éléments s’y déchaînent avec force, tandis que les instruments anciens restituent toute la richesse des couleurs originelles. Au cœur de cette première partie, le Concerto pour quatre violons sans basse de Telemann fascinait par son incroyable architecture contrapuntique. Les quatre archets semblaient converser librement, dessinant un entrelacs d’une élégance et d’une virtuosité remarquables.

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Jeanne Zaepffel ©YesICannes.com

De Jacquet de La Guerre à Geminiani, l’art baroque dans toute sa diversité

L’une des grandes richesses de cette programmation résidait également dans la place accordée à des œuvres plus rarement entendues.
La spectaculaire Tempête d’Élisabeth Jacquet de La Guerre, suivie de l’air Venez Minerve bienfaisante, rappelait combien la compositrice française fut l’une des figures majeures du Grand Siècle, capable de rivaliser avec ses contemporains masculins par son imagination dramatique. À l’inverse, La Follia de Francesco Geminiani retrouvait toute son énergie virtuose. Cette succession de variations, construite sur l’un des thèmes les plus célèbres de l’histoire de la musique, permettait aux musiciens de l’Ensemble Baroque de Nice de démontrer une cohésion et une maîtrise stylistique exemplaires.

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©YesICannes.com

Une voix lumineuse au service des affects baroques

Soprano à la musicalité raffinée, Jeanne Zaepffel possède cette qualité précieuse qui consiste à faire oublier la virtuosité au profit de l’émotion. Sa voix, claire, souple et parfaitement maîtrisée, épouse naturellement les inflexions de la langue italienne comme celles du français baroque. Dans Finché un zeffiro soave, elle a déployé un phrasé d’une grande délicatesse, faisant respirer chaque ligne avec grâce et élégance. Puis, dans Zeffiretti che sussurrate de Vivaldi, elle a donné vie à un chant d’une infinie légèreté, où les souffles du vent semblaient réellement traverser la nef de l’église. Mais c’est sans doute dans Vents furieux, tristes tempêtes, extrait de La Princesse de Navarre de Jean-Philippe Rameau, que la soprano a atteint le sommet dramatique de la soirée. Cette grande scène française, où les éléments deviennent le reflet des passions humaines, lui a permis d’alterner éclats héroïques, tension théâtrale et sensibilité expressive avec une remarquable intelligence stylistique.

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Jeanne Zaepffel, étoile montante du chant baroque

Le parcours de Jeanne Zaepffel illustre une génération de jeunes artistes qui allient solide formation académique et curiosité musicale.
Après des études de piano puis son entrée à la Maîtrise de Paris, elle est révélée très tôt lorsque Peter Brook lui confie le rôle de Pamina dans Une Flûte enchantée, production qui la conduit sur des scènes prestigieuses comme les Bouffes du Nord, le Concertgebouw d’Amsterdam, le Barbican Centre de Londres ou le Lincoln Center de New York. Diplômée du Conservatoire à Rayonnement Régional de Paris en chant lyrique puis en chant baroque, elle développe une carrière riche entre opéra, musique ancienne et créations contemporaines. On la retrouve aussi bien dans les festivals spécialisés que sur les scènes de l’Opéra de Reims, de Metz ou lors de tournées internationales, où son goût pour les répertoires français des XVIIe et XVIIIe siècles fait aujourd’hui référence.

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Gilbert Bezzina ©YesICannes.com

Gilbert Bezzina, artisan du renouveau baroque

Fondateur en 1982 de l’Ensemble Baroque de Nice, Gilbert Bezzina demeure l’un des grands artisans français du renouveau de l’interprétation historiquement informée. Ancien violon solo de La Grande Écurie et la Chambre du Roy de Jean-Claude Malgoire, il poursuit depuis plus de quarante ans un remarquable travail de redécouverte du patrimoine musical européen. Son exigence musicologique, alliée à une profonde sensibilité artistique, confère à chacune de ses interprétations une authenticité qui ne sacrifie jamais l’émotion.

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Concerto pour quatre violons sans basse ©YesICannes.com

Remarquable complicité

Autour de lui, les musiciens de l’Ensemble Baroque de NiceFederica Basilico Laura Corolla, violons, Colin Heller, alto, Daniele Bovo, violoncelle, Vera Eliott, clavecin et Sergio Basilico, théorbe – ont fait preuve d’une remarquable cohésion, donnant à chaque œuvre une respiration naturelle où la précision technique et la complicité se mettait toujours au service de l’expression.

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©YesICannes.com

Faire rayonner le patrimoine musical

Avec ce concert de clôture, le Festival de Musique Ancienne de Callas confirme son ambition : faire dialoguer patrimoine, émotion et excellence artistique. Dans le cadre intimiste de l’église Notre-Dame de l’Assomption, Tempêtes Baroques n’a pas seulement offert une succession de chefs-d’œuvre. La soirée a rappelé combien la musique baroque demeure un art profondément vivant, capable, plus de trois siècles après sa création, de faire entendre les tumultes de la nature comme ceux du cœur humain. Entre les souffles délicats de Haendel, les audaces de Jacquet de La Guerre, la virtuosité de Geminiani et les élans dramatiques de Rameau, cette conclusion du festival s’est imposée comme l’un des grands moments musicaux de l’été varois.

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©YesICannes.com

Un festival de voix lumineuses

Après une ouverture empreinte de poésie à la Chapelle Saint-Auxile le 3 mai 2026 avec la soprano Lucile Pessey, la harpiste Cécile Maudire et le violoncelliste Éric Courrèges autour de Johann Sebastian Bach, dans le cadre du Festival de Musique des Chapelles, le festival avait poursuivi son chemin spirituel le 24 Juillet 2026 avec un programme entièrement consacré aux chefs-d’œuvre du baroque italien, porté par les voix exceptionnelles de la soprano Jeanne Gérard et de la mezzo-soprano Delphine Haidan, accompagnées par l’Ensemble du Festival, composé d’Anne Menier et Alban Marceau, violons, d’Aurélie Entringer, alto, d’Éric Courrèges, violoncelle, accompagnés de Stéphane Eliot, clavecin et orgue.

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Delphine Haidan et Jeanne Gerard accompagnées de l’Ensemble du Festival dans le Stabat Mater ©YesICannes.com

Un festival fidèle à l’excellence

En refermant cette édition, le Festival de Musique Ancienne de Callas confirme son rôle majeur dans la diffusion du patrimoine musical baroque en Provence sous la Présidence de François Barre, et la Direction Artistique d’Eric Courrèges. Grâce à une programmation exigeante, à l’excellence des interprètes invités et à l’acoustique exceptionnelle de l’église Notre-Dame de l’Assomption, le rendez-vous callassien continue d’offrir aux mélomanes bien davantage qu’une série de concerts : une véritable immersion dans l’émotion, la spiritualité et la beauté intemporelle des grandes œuvres des XVIIe et XVIIIe siècles.

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Moment de convivialité ©YesICannes.com

Une expérience accessible et conviviale

Fidèle à son esprit de partage, le festival propose des concerts en libre participation, permettant à chacun de découvrir la richesse de la musique ancienne sans contrainte. L’événement est soutenu par la municipalité et de nombreux acteurs locaux : le Département du Var, la carrière de la Catalane de Callas (SOMECA), la société Pizzorno, le Moulin de Callas et le domaine viticole de La Bastide du Plan, avec la participation du Festival de Musique des Chapelles et de Gloriana. Les concerts se prolongent autour du verre de l’amitié, favorisant les rencontres entre artistes et spectateurs dans une ambiance authentique.

www.festival-gloriana.com

Tempêtes Baroques au Festival de Musique Ancienne de Callas was last modified: août 4th, 2026 by tamel

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