
Cecilia Shen ©YesICannes.com
Au MIPCOM 2026 à Cannes, le MIP AI Entertainment Forum a dévoilé comment l’intelligence artificielle transforme les catalogues audiovisuels en actifs stratégiques.
MIPCOM 2026 : À Cannes, l’avenir de l’industrie audiovisuelle ne se joue plus uniquement dans les studios de production ou sur les plateformes de streaming. Il se construit aussi dans les données, les algorithmes et la capacité à valoriser des milliers d’œuvres déjà existantes. Présenté dans le cadre du MIPCOM 2026, le MIP AI Entertainment Forum entend accompagner cette mutation en rapprochant détenteurs de droits, producteurs, distributeurs, plateformes et entreprises technologiques. Au cœur des échanges : une question devenue essentielle pour le secteur, celle de la transformation de l’intelligence artificielle en véritable levier de rentabilité.

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L’intelligence artificielle, du laboratoire au modèle économique
Longtemps associée aux perspectives créatives et aux expérimentations technologiques, l’intelligence artificielle s’impose désormais comme un outil de transformation de l’ensemble de la chaîne de valeur audiovisuelle. Développement des contenus, production à grande échelle, adaptation linguistique, gestion des droits, distribution internationale et monétisation : chaque étape ouvre de nouvelles possibilités d’optimisation. Le MIP AI Entertainment Forum s’inscrit dans cette évolution en privilégiant une approche opérationnelle. L’ambition n’est pas simplement de présenter les innovations qui feront l’industrie de demain, mais de montrer comment les entreprises peuvent les intégrer à leurs activités et en tirer des bénéfices mesurables.

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La maîtrise technologique, enjeu de compétitivité
Dans un marché mondial où les usages se multiplient, où les audiences se dispersent entre les plateformes et où les modèles de rémunération se complexifient, la maîtrise technologique devient un enjeu de compétitivité. Pour les professionnels, l’objectif consiste désormais à mieux exploiter les actifs dont ils disposent déjà, tout en développant de nouvelles sources de revenus.

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Patrimoine audiovisuel : le potentiel inexploité des catalogues
Films, séries, programmes de divertissement, archives et productions historiques représentent un capital considérable pour les détenteurs de droits. Pourtant, posséder un catalogue riche ne garantit pas sa rentabilité. Encore faut-il savoir quelles œuvres trouvent leur public, sur quels territoires elles peuvent être commercialisées et dans quelles conditions leur exploitation demeure autorisée. Pour les distributeurs gérant plusieurs centaines de titres, les méthodes traditionnelles atteignent rapidement leurs limites. La multiplication des partenaires, des contrats et des territoires entraîne une accumulation de tableaux de suivi, de rapports et de vérifications manuelles.

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Analyser de grands volumes de données
À cette complexité s’ajoute le risque de conflits de licences, d’erreurs dans la gestion des droits ou de pertes de revenus liées à une exploitation insuffisamment contrôlée. L’intelligence artificielle ouvre une autre voie : analyser de grands volumes de données, repérer les tendances de consommation, faciliter le suivi contractuel et identifier les possibilités de valorisation commerciale. Le catalogue cesse alors d’être un simple inventaire d’œuvres pour devenir un portefeuille d’actifs dont la performance peut être mesurée et pilotée.

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YouTube, bien plus qu’une vitrine promotionnelle
Parmi les terrains d’application les plus prometteurs figure YouTube, encore considéré par certains acteurs traditionnels comme un espace principalement destiné à promouvoir des films ou à diffuser des bandes-annonces. La plateforme constitue pourtant un canal de distribution et de monétisation à part entière, à condition d’en maîtriser les mécanismes. La gestion de chaînes, la détection des contenus, le respect des licences et l’analyse des revenus nécessitent une organisation rigoureuse. Pour les détenteurs de catalogues importants, automatiser ces opérations peut permettre de réduire les tâches répétitives, d’améliorer la visibilité sur les performances de chaque titre et de mieux contrôler les risques de démonétisation.

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Accroître les revenus numériques
L’enjeu est également éditorial et stratégique : toutes les œuvres ne contribuent pas de la même manière aux résultats financiers. Une analyse fine des audiences et des recettes permet de distinguer les contenus les plus performants, de repérer les opportunités sous-exploitées et d’orienter les décisions de distribution. La logique est celle d’une exploitation plus intelligente des ressources existantes : accroître les revenus numériques sans nécessairement augmenter les effectifs mobilisés pour administrer le catalogue.

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Emilia Ciszewska, vingt ans au cœur des mutations audiovisuelles
Cette évolution sera notamment illustrée par Emilia Ciszewska, fondatrice et directrice générale de BB Media Group. Forte de vingt années d’expérience dans l’industrie audiovisuelle, la dirigeante a accompagné plusieurs transformations majeures de la distribution et de la circulation des contenus.
Son parcours comprend la production de la première campagne de stand-up de Netflix en Pologne ainsi qu’une contribution au lancement de Showmax sur ce marché, avec des responsabilités liées au contrôle qualité, au traitement des médias et à la localisation.

Emilia Ciszewska ©DR
Etre correctement préparé, distribué, référencé
Elle a également participé à la mise en ligne sur YouTube de pans importants du patrimoine cinématographique polonais. Une démarche qui illustre un enjeu majeur pour les industries culturelles : permettre à des œuvres parfois anciennes de rencontrer de nouvelles audiences grâce aux outils numériques.
Son expérience témoigne d’une évolution progressive du métier. À mesure que les modes de consommation se transforment, la valeur d’un contenu dépend autant de sa qualité que de sa capacité à être correctement préparé, distribué, référencé et monétisé sur les différents marchés.

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BB Media Group : la donnée au service de la rentabilité
Partenaire certifié YouTube depuis douze ans, BB Media Group a développé une activité associant expertise audiovisuelle, gestion de contenus et technologies de distribution. Selon les chiffres communiqués par l’entreprise, son réseau rassemble plus de 50 chaînes YouTube, totalisant 5,6 millions d’abonnés et dépassant les trois milliards de vues. La société travaille avec plus de 100 clients, parmi lesquels Canal+, Warner Bros. Discovery/TVN et Mondo TV. Son MediaLab prend également en charge différentes opérations techniques, notamment le contrôle qualité, l’encodage, le doublage et la localisation, afin de préparer les contenus à leur diffusion sur plusieurs plateformes et territoires.

Pedro Pina – vice-Président de YouTube ©YesICannes.com
Rendre les recettes plus prévisibles
BB Media Group fait aujourd’hui évoluer son modèle vers une approche davantage pilotée par la technologie et l’analyse des données. L’objectif est de relier plus efficacement les informations relatives aux œuvres, aux droits et aux revenus, en remplaçant les processus manuels dispersés par des systèmes automatisés. Cette transition soulève une question centrale pour les professionnels : comment transformer une masse de données parfois fragmentées en indicateurs fiables, capables d’éclairer les décisions commerciales et de rendre les recettes plus prévisibles ?

De l’analyse des audiences à la transparence financière
Au cours de l’AI Exchange du MIPCOM, Emilia Ciszewska présentera la démarche adoptée par BB Media Group pour faire évoluer ses opérations vers un système de gestion assisté par l’intelligence artificielle. Parmi les applications mises en avant figure l’identification rapide des titres qui contribuent le plus fortement aux revenus d’un catalogue. L’objectif est notamment de repérer les œuvres prioritaires, de mieux comprendre les écarts de performance et d’orienter les efforts vers les contenus présentant le plus fort potentiel commercial. L’automatisation peut également faciliter la production de rapports détaillés, titre par titre, et améliorer la lisibilité des recettes reversées aux ayants droit. Pour les producteurs et les détenteurs de catalogues, cette transparence constitue un enjeu de confiance autant qu’un outil de pilotage économique.

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Développer les revenus sans alourdir les structures
La gestion des droits représente un autre point sensible : une information contractuelle mal renseignée ou un territoire exploité en dehors des conditions prévues peut compromettre la commercialisation d’une œuvre. En rapprochant les données disponibles et en automatisant certaines vérifications, les systèmes intelligents peuvent contribuer à réduire ces risques, sans dispenser les entreprises du contrôle humain et de la validation juridique. L’ambition est claire : rendre les opérations plus efficaces, améliorer la compréhension des performances et développer les revenus sans alourdir proportionnellement les structures.

Une nouvelle étape pour l’économie mondiale du contenu
Le MIP AI Entertainment Forum entend ainsi favoriser les rencontres entre les entreprises qui développent les technologies et celles qui détiennent, produisent ou commercialisent les œuvres. En intégrant les enjeux de l’intelligence artificielle au programme du MIPCOM, le rendez-vous cannois accompagne une transformation qui dépasse largement la seule question de la création automatisée. La véritable révolution pourrait se jouer dans les coulisses de l’industrie : dans la manière de gérer les droits, de mesurer la valeur des catalogues, d’organiser la distribution et de convertir l’audience en revenus durables.

Mieux exploiter ce qui existe déjà
Pour les détenteurs de contenus, le défi ne consiste donc plus seulement à produire davantage, mais à mieux exploiter ce qui existe déjà. À l’heure où les catalogues constituent des actifs stratégiques, l’intelligence artificielle pourrait bien devenir l’un des instruments déterminants de leur valorisation.
Reste à conjuguer efficacité technologique, fiabilité des données, respect des droits et transparence envers les créateurs. Car, dans l’économie audiovisuelle de demain, la performance ne se mesurera pas uniquement au nombre de vues, mais aussi à la capacité de transformer durablement l’attention du public en valeur pour l’ensemble de la filière.















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