
les personnalités présentes ©YesICannes.com
À Cannes, face à la réalité sociale et la précarité, « J’avais faim » célèbre 40 ans d’engagement, de solidarité et d’humanité autour de repas chauds.
« J’avais faim » : Dans une rue discrète, à deux pas du Marché Gambetta, une porte s’ouvre chaque hiver sur bien plus qu’un simple repas. Depuis quarante ans, l’association « J’avais faim » incarne une forme de solidarité essentielle, silencieuse mais vitale, au cœur de Cannes. Le 25 avril 2026, bénévoles, partenaires et soutiens se sont réunis pour célébrer cet anniversaire symbolique dans ses nouveaux locaux de la rue des Mimosas. À leurs côtés, le maire David Lisnard est venu saluer un engagement qui traverse les décennies sans jamais faiblir.

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Quarante ans d’engagement face à une précarité persistante
Quarante ans. Un cap impressionnant… et pourtant, un constat inchangé : la précarité est toujours là. Fondée par le père Pierre Roubaudi, l’association est née d’un refus simple mais fondamental : celui de laisser des personnes dormir dans le froid et la faim.
Aujourd’hui encore, du 1er novembre au 31 mars, elle sert chaque jour des repas chauds à environ 70 à 80 personnes. Depuis sa création, plus de 350 000 repas ont été distribués. Rien que cet hiver : plus de 9 000. Des chiffres qui témoignent d’une réalité sociale durable et d’un besoin qui ne faiblit pas.

L’abbé Jean-Marie Lopez de l’église catholique – co-responsable de l’association (au micro) ©YesICannes.com
Évangile selon Matthieu
« Le père Pierre Roubaudi a fondé cette association il y a 40 ans lorsqu’il a vu la misère à Cannes, raconte Michel Triscornia, co-responsable de l’association. Il s’est dit que ce n’était pas possible de laisser des gens dans la rue, le froid et la faim. Le nom de l’association vient d’un chapitre de l’Évangile selon Matthieu « Car j’ai eu faim, et vous m’avez donné à manger; j’ai eu soif, et vous m’avez donné à boire; j’étais étranger et vous m’avez recueilli. »

Michel Triscornia – co-responsable de l’association (au micro) ©YesICannes.com
« Accueillis comme des invités »
« Notre but est de donner, à l’identique du Christ. Il y a 2.000 ans, il disait que nous aurions toujours des pauvres autour de nous. 2.000 ans plus tard, il y en a toujours et peut-être davantage. » Ici, pas de conditions, pas de justificatifs. Une seule règle : si vous avez faim, vous êtes les bienvenus. « S’ils viennent, c’est qu’ils en ont besoin », explique Michel Triscornia. Les bénéficiaires sont servis à table, dans une atmosphère digne et respectueuse. Un détail qui change tout. Car au-delà du repas, c’est aussi un moment de lien social, de reconnaissance, parfois même de réconfort.

Jean-Marc Chiappini – Conseiller municipal (au micro) ©YesICannes.com
Une précarité qui évolue
Au fil des années, le profil des bénéficiaires a changé. Aux personnes sans-abri s’ajoutent désormais des retraités, des travailleurs précaires, des habitants confrontés à la hausse du coût de la vie. Énergie, logement, alimentation : les fragilités s’accumulent.
Et l’inquiétude grandit : « Nous nous attendons à voir plus de monde », confie l’équipe. Une question se pose déjà : comment accueillir davantage avec des capacités limitées ?

Alexandra Martin – Députée de la 8ème circonscription des Alpes-Maritimes Cannes, Mandelieu-La-Napoule, Théoule-sur-Mer, Vallauris ©YesICannes.com
Une solidarité qui s’organise
Si « J’avais faim » tient depuis 40 ans, c’est grâce à une chaîne de solidarité bien ancrée. Dons, subventions, partenaires, fournisseurs… chaque contribution compte. Lors de cet anniversaire, un chèque de 1366 euros, issu d’un concert organisé à l’Église Saint-Paul, a été remis à l’association. Un geste symbolique, mais essentiel pour faire vivre cette mission au quotidien.

Remise de chèque à l’association « J’avais faim » ©YesICannes.com
Une action locale, un enjeu universel
À l’heure où les grandes villes brillent par leur attractivité, des réalités plus discrètes persistent en arrière-plan. « J’avais faim » rappelle une évidence : même dans une destination internationale comme Cannes, la précarité existe. Et elle appelle à une réponse collective. L’association « J’Avais Faim », dirigée par Michel Triscornia (de l’Église protestante) et Jean-Marie Lopez (de l’Église catholique), distribue des repas à 80 personnes dans le besoin chaque jour en période hivernale.

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Une humanité intacte
Quarante ans après sa création, l’association n’a rien perdu de son essence. Donner à manger, oui. Mais surtout : accueillir, écouter, reconnaître. Dans un monde qui va vite, « J’avais faim » prend le temps de l’essentiel. Et c’est là sa plus grande force.

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Association J’avais Faim
Un repas chaud à table
Du lundi au samedi de 12h à 14h jusqu’au 31 mars
9, rue des mimosas – 06400 Cannes
Tél. 04 93 47 31 61














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