
Guillaume Decard (Président de Var Tourisme), Jean-Louis Masson (Président du Conseil Départemental du Var), Simon Babre (Préfet du Var), Sylvain Audemard (Président de la Chambre d’Agriculture du Var), Pascal Coureit (Président du Syndicat des Vins de Bandol), André Garron (Maire de Solliès-Pont) ©YesICannes.com
À Solliès-Pont, le Var cultive son art de vivre : l’agritourisme devient la nouvelle promesse du territoire et un moteur économique, territorial, authentique et humain.
Var Tourisme : Dans le Var, l’agritourisme cultive l’avenir et un guide vient de paraître pour faire germer une nouvelle génération de projets. C’est sous les figuiers de la ferme-auberge La Cressonnière, à Solliès-Pont, au cœur d’une exploitation agricole vivante, que l’État, le Département du Var, Var Tourisme et la Chambre d’agriculture ont dévoilé le premier Guide d’accompagnement des projets agritouristiques dans le Var, un document appelé à devenir la feuille de route des agriculteurs désireux de diversifier leurs activités sans renoncer à leur vocation première : produire et nourrir.

La ferme-auberge La Cressonnière ©DR
Un tourisme plus humain
Plus qu’un guide technique, cette présentation a donné lieu à une réflexion collective sur l’avenir d’un territoire où agriculture, patrimoine et tourisme apparaissent désormais comme les trois piliers d’une même stratégie gagnante. Derrière les aspects réglementaires se dessine une conviction largement partagée : le visiteur ne cherche plus seulement un paysage, il recherche une expérience sincère. Élus, agriculteurs et acteurs du tourisme dessinent ainsi une vision commune : celle d’un tourisme plus humain, enraciné dans les terroirs, les rencontres et les expériences.

©YesICannes.com
L’exploitation transformée en lieu de rencontre
La meilleure illustration de cette évolution est sans doute la Ferme de la Cressonnière. Son propriétaire, l’éleveur bovin Gérard Ivol, raconte avec simplicité une aventure née presque par hasard, après un barbecue partagé entre amis : « Les gens ne partaient plus… ils ne se connaissaient pas mais ils se parlaient, et restaient longtemps. » De repas improvisés en veaux à la broche devenus incontournables, son exploitation s’est progressivement transformée en lieu de rencontre où l’on vient autant pour partager un moment que pour se restaurer. Une interrogation revient souvent dans son esprit : pourquoi les gastronomes choisissent-ils cette ferme-auberge alors que la côte regorge d’établissements réputés ?

Gérard Ivol – éleveur – La Ferme de la Cressonnière ©YesICannes.com
L’authenticité comme nouvelle destination
Cette interrogation trouve un écho immédiat chez Jean-Louis Masson, président du Conseil départemental du Var. « On vient ici parce qu’on veut chercher l’authenticité. » Pour lui, cette authenticité constitue désormais l’une des richesses majeures du département. « Nous voulons proposer une autre forme de tourisme que le « tout la plage et tout soleil « . » L’objectif est clair : révéler un Var intérieur, celui des villages, des producteurs, des paysages agricoles, des savoir-faire et des rencontres.

Jean-Louis Masson, président du Conseil Départemental du Var ©YesICannes.com
Le Var des terres veut dialoguer avec le Var du littoral
Cette ambition est également portée par Guillaume Decard, président de Var Tourisme. « Le Var, ce n’est pas que le littoral, c’est aussi le Var des terres, et ce Var des terres a beaucoup de choses à dire. » L’élu rappelle que plus de 180 exploitations agricoles souhaitent aujourd’hui développer une activité agritouristique. Pour accompagner cette dynamique, le département s’inspire notamment de la Toscane, référence européenne en matière d’œnotourisme et d’accueil à la ferme. Les échanges engagés avec la région italienne visent à enrichir les pratiques locales et à bâtir des coopérations durables. Au-delà de l’attractivité touristique, Guillaume Decard voit dans cette démarche un véritable soutien au monde agricole : « L’enjeu est de pouvoir accompagner les agriculteurs.»

Guillaume Decard, Président de Var Tourisme (au micro) ©YesICannes.com
Une réponse concrète aux défis du monde agricole
Pour Sylvain Audemard, président de la Chambre d’agriculture du Var, l’agritourisme dépasse largement la simple diversification touristique. « C’est une opportunité pour les agriculteurs. Encore plus aujourd’hui avec l’érosion des revenus :« C’est une bouée de sauvetage pour certains exploitants.» Mais cette diversification possède également une dimension sociale : « C’est le lien que l’agriculture peut recréer avec les citadins. On peut discuter de notre métier et de nos contraintes. « Afin de sécuriser ces nouveaux projets, la Chambre d’agriculture devient le véritable « guichet unique » des porteurs de projets.

Sylvain Audemard, Président de la Chambre d’agriculture du Var ©YesICannes.com
Accompagner, orienter et sécuriser les exploitants
Comme l’explique Alexandra Estival, cheffe de projets agritourisme à la Chambre d’Agriculture, l’accompagnement commence dès la naissance de l’idée et se poursuit jusqu’à son exploitation. « Notre rôle est d’accompagner, d’orienter et de sécuriser les exploitants dans leurs projets. » Construction de l’offre, urbanisme, commercialisation, hébergement, restauration ou formation : chaque étape bénéficie désormais d’un accompagnement personnalisé. Les exemples présentés – tiny house au Domaine Vitòri, développement œnotouristique du Château du Jasson ou ferme-auberge du Château des Salles – démontrent que l’agritourisme peut prendre des formes très diverses tout en restant intimement lié à la production agricole.

Alexandra Estival, cheffe de projets agritourisme à la Chambre d’Agriculture ©YesICannes.com
Préserver les terres tout en ouvrant de nouvelles perspectives
Si le guide facilite les démarches administratives, il fixe également un principe intangible : l’agriculture doit rester au cœur des exploitations. Xavier Prud’hon, directeur départemental adjoint des Territoires et de la Mer, rappelle la philosophie de ce travail collectif : « Les espaces agricoles doivent rester agricoles. » L’objectif consiste à rendre les règles plus lisibles tout en garantissant que les projets renforcent les exploitations au lieu de les remplacer. Le guide propose ainsi une lecture à 360 degrés des projets : urbanisme, fiscalité, accueil du public, risques naturels, labels ou encore préservation du foncier. « L’idée est de donner une vision complète pour que les projets puissent aboutir et réussir. »

Xavier Prud’hon, directeur départemental adjoint des Territoires et de la Mer ©YesICannes.com
L’humain au cœur de l’expérience
Parmi les acteurs ayant participé à cette réflexion figure également le Syndicat des Vins de Bandol. Pour son vice-président Cédric Gravier, le voyage d’étude en Toscane a profondément marqué les esprits. « Le mot que je retiens, c’est l’authenticité ! » Il évoque ces repas partagés dans les cuisines familiales italiennes, où « les verres Duralex, les nappes cirées et la nonna » comptaient davantage que le décorum. À ses yeux, les agriculteurs ne produisent pas seulement des fruits, du vin ou des légumes : « Nous créons aussi de l’échange humain! » Il insiste néanmoins sur la nécessité d’encadrer cette évolution afin que les animations, concerts ou dégustations demeurent compatibles avec la qualité de vie des habitants.

Cédric Gravier, Vice-président du Syndicat des Vins de Bandol – ©YesICannes.com
Diversifier sans perdre son identité
En clôturant cette rencontre, le préfet du Var, Simon Babre, a replacé l’agritourisme dans un enjeu plus vaste : celui de la souveraineté alimentaire. «Tout est compatible si l’agriculture reste ultra majoritaire dans l’objet social des exploitations, dans leur production et dans leurs revenus. » Pour le représentant de l’État, la diversification ne doit jamais conduire à transformer les exploitations agricoles en établissements touristiques. « Nous voulons des agriculteurs qui vivent de leurs terres. » Cette vision rejoint celle exprimée tout au long de la journée : l’agritourisme n’a pas vocation à remplacer l’agriculture, mais à la renforcer.

Simon Babre – Préfet du Var ©YesICannes.com
Faire confiance aux agriculteurs
À Solliès-Pont, entre les figuiers, les vergers et les pâturages, un message s’est imposé comme une évidence. L’avenir du tourisme varois ne se jouera pas uniquement sur le littoral. Il s’écrira aussi dans les fermes, les domaines viticoles, les oliveraies et les auberges rurales, là où les paysages racontent encore l’histoire de ceux qui les cultivent et où l’authenticité demeure la plus belle des expériences à partager. Reste au gouvernement à faire confiance aux agriculteurs et les délivrer des entraves des règlements pour faciliter l’épanouissement des projets afin de révéler une Provence vécue de l’intérieur, loin des clichés, où les producteurs deviennent les meilleurs ambassadeurs de leur territoire.

Valentin Grosso (présentateur) ©YesICannes.com

Questions/réponses : Alain Bassino, vice-président de l’association des Vignerons Indépendants (au micro) ©YesICannes.com

Simon Babre – Préfet du Var ©YesICannes.com














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