
Yannick Moreau & Sébastien Leroy ©YesICannes.com
Les élus de l’Association Nationale des Élus du Littoral (ANEL) se sont réunis à Mandelieu pour tirer la sonnette d’alarme contre la montée des eaux alors que l’état prévoit cinq milliards d’économies des collectivités.
ANEL: une vingtaine de maires des communes littorales de la région azuréenne sont montés au créneau le 14 octobre 2024 au Centre Expo Congrès de Mandelieu-La-Napoule pour exprimer leur colère face aux demandes d’économies faites par le gouvernement. En effet, le gouvernement de Michel Barnier compte retirer cinq milliards d’euros aux collectivités sur le prochain budget et alors que l’État se désengage depuis des années dans de nombreux domaines face à l’enjeu pourtant crucial de la montée des eaux. Cette annoncé a été faite par le ministre du Budget, Laurent Saint-Martin et Catherine Vautrin, la ministre du Partenariat avec les territoires, lors d’une réunion du comité des finances locales.

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Rencontre avec les élus des collectivités de la façade Méditerranéenne
Mauvaise surprise pour les collectivités : le gouvernement a annoncé, le 8 octobre dernier, devant le Comité des finances locales (CFL), un prélèvement de 5 milliards d’euros sur leurs recettes, dans le cadre de leur participation à l’effort de redressement budgétaire fixé à 12,5 % de l’effort global de réduction des dépenses demandé aux administrations publiques. C’est dans un contexte d’insurrection républicaine que le maire de Mandelieu-La-Napoule, Vice-Président de l’Agglomération Cannes Lérins Sébastien Leroy, et le maire des Sables d’Olonne, Président de l’ANEL, Yannick Moreau et une vingtaine de maires des communes avoisinantes se sont retrouvés pour exprimer leur colère et rappeler l’obligation de l’état en matière de protection du littoral et de la lutte contre la montée des eaux. Alors que le projet de loi de finances prévoit 5 milliards d’économies sur les collectivités locales, en réduisant une partie de leurs recettes, les élus du littoral sont venus dénoncer cette ponction intolérable et sans précédent.

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Désengagement de l’état contre la montée des eaux
Ce qui choque les dirigeants de l’ANEL et le maire de Mandelieu-La-Napoule – qui est également coprésident de la Mission prévention des risques de l’AMF – ce sont ces baisses décidées sans concertation : « Les gouvernements devraient nous traiter en partenaires plutôt qu’en sous-traitants. Si on dit qu’on ne veut plus verser cet argent en collectivité locale, eh bien que l’État assume l’ensemble de ses prérogatives et qu’il se débrouille ! » Il faut dire que le constat est amer pour les communes du littoral azuréen car depuis quelques années, l’État se désengage complètement des travaux de lutte contre la montée des eaux. En effet, la lutte contre l’érosion, les créations de digues ou leur renforcement ou encore la prévention des épisodes d’inondations et des crues incombent totalement aux communes riches ou pauvres selon les élus de l’ANEL.

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On veut la mort des communes littorales
Lors de ce rassemblement d’élus azuréen au Centre Expo Congrès, le maire de la ville a dénoncé un gouvernement mauvais gestionnaire qui veut récupérer l’argent sur le dos des communes. Il s’inquiète déjà du vote du budget et menace : « Aux prochaines inondations, je dirai aux parlementaires que c’est à cause de leur vote que l’on a pas pu faire les travaux nécessaires… » indique l’élu. Et de rajouter : « Face aux risques naturels, nous sommes toujours dans la réaction et jamais dans l’anticipation ! » déplore Sébastien Leroy, dont le maître mot est avant tout la protection de ces citoyens. En effet, les événements météorologiques extrêmes qui se sont produit ces dernières années (tempêtes, pluies diluviennes, inondations, canicules, sécheresse) perturbent gravement les infrastructures du littorale azuréen. De nombreuses plages emblématiques pourraient disparaître à terme s’inquiète l’élu.

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Aucune stratégie pour affronter les crises qui s’annoncent
Il est vrai qu’avec la multiplication des événements climatiques de ces dernières années, l’élu tire la sonnette d’alarme. Son constat est sévère : une réglementation inadaptée et déconnectée, l’absence de stratégie et de moyens, des outils sous-dimensionnés (PPRI, PAPI, Fonds Barnier), une taxe Gemapi à revoir totalement… Concernant l’échelle intercommunale, le vice-président de la Communauté d’Agglomération Cannes Lérins déplore que l’état n’a aucune stratégie pour affronter les crises qui s’annoncent : « Il n’y a aucune réforme d’ampleur sur la prévention des inondations et l’état bloque tout ! déplore l’élu. Et maintenant, on a des décisions budgétaires qui vont venir prélever l’argent de l’investissement qui servait à faire ces réalisations. On a un contexte national qui s’inscrit totalement a contrario de ce qui est opérationnel et qui fonctionne. »

Inondation à Mandelieu ©DR
Liberté d’agir et d’investir pour les élus locaux
Sébastien Leroy rappele: « Il n’existe pas de réelle prise de conscience au niveau national. Les systèmes français apparaissent totalement obsolètes. Pour être mieux armés, les élus doivent retrouver une liberté d’agir et d’investir. Aujourd’hui nous n’avons ni l’un ni l’autre. Nous n’y arriverons pas tant qu’on n’aura pas redonné au local – c’est-à-dire au couple Maire-Préfet – une liberté totale d’action avec un contrôle qui ne soit plus à priori avec des études qui durent des années mais à posteriori. Il faut redonner au maire la liberté d’aménager son territoire et de rendre des comptes. Pour sa part, le préfet devrait avoir autorité sur tous les services de l’État. »

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