
Caroline Rivalan dans sa Chambre éphémère ©YesICannes.com
A l’occasion des 80 ans de l’Hôtel WindsoR dans la famille Redolfi, l’établissement quatre étoiles accueille les œuvres de Caroline Rivalan et Nicolas Rubinstein dont la fantaisie, la créativité et le talent réveillent les cellules du cerveau.
Hôtel WindsoR : l’établissement centenaire, à la fois hôtel quatre étoiles, atelier et musée, accueille la première Chambre éphémère – Chambre 5, installation de Caroline Rivalan et l’exposition Réparer le Monde, préparer le monde de Nicolas Rubinstein dans le lobby de l’hôtel. L’anniversaire célébrant les 80 ans du mythique établissement dans la famille Redolfi est l’occasion de questionner la place de la femme et de l’homme dans Mère Nature et inviter à réparer le monde, chambre éphémère de l’humanité. Le vernissage a eu lieu le Jeudi 16 février 2023 en présence des artistes et de nombreux amateurs d’art contemporain.

Nicolas Rubinstein ©YesICannes.com
Faire rentrer le jardin à l’intérieur
La femme est l’homme font partie de la Nature et trouvent leur place en cohérence entre les deux expositions. « Aujourd’hui, la Nature est au cœur de nos préoccupations, explique Odile Redolfi-Payen, directrice de l’Hôtel WindsoR. Notre environnement est fragile et la nature est mise à mal par l’Homme et il est important de prendre conscience qu’il faut la réparer. Les deux artistes dialoguent et se répondent, en écho avec le jardin de l’hôtel, un jardin extraordinaire et caché, et l’exposition est une manière de faire rentrer le jardin à l’intérieur. L’année dernière nous avions organisé une exposition qui s’appelait Camping et évoquait aussi la thématique de la nature. » précise la directrice.

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Caroline Rivalan – Chambre éphémère, chambre 5
Caroline Rivalan explore les mythes féminins et l’aspect hédoniste de la nature en s’appropriant des images qu’elle retranscrit plastiquement à travers des opérations de montage. La jeune artiste crée des images sous forme de microcosmes (dioramas) ou de macrocosmes (dispositifs d’installation lumineuse) qui mélangent avec irrévérence et sarcasme divers registres. Il en résulte un univers fantasmagorique où le féminin tient une place particulière. Pour cette invitation à installer une chambre éphémère, l’artiste s’est amusée à penser une partie de l’espace comme un diorama, transposant image et volume sur les murs, invitant le visiteur à expérimenter le relief qui en émane.

Dioramas ©YesICannes.com
Immersion dans un diorama
La visite de l’espace est perçue comme une expérience. Le papier peint qui recouvre les murs, issu d’un diorama (une petite boîte dans laquelle on se projette). Étalé dans l’espace – au niveau du plan -, le papier peint et les dioramas, créés en même temps, mêlent plan, espace et temporalité pour donner une épaisseur saisissante, dans l’idée d’une immersion. Dans son parcours artistique, Caroline Rivalan explore deux thèmes en parallèle : la nature foisonnante, luxuriante, et la Femme, son corps, son évolution.

Caroline Rivalan – Dytopia, diorama, technique mixte, 125 x 61 cm / 11 cm ©DR
Clin d’œil au jardin du WindsoR
Au niveau iconographique, l’artiste travaille sur le burlesque de la fin du 19ème siècle – début 20ème. Dans cette chambre, deux dioramas font référence à ce travail : des muses, danseuses burlesques d’un autre temps, veillent sur le dormeur. L’artiste aimant bien brouiller les pistes, sur le collage, différentes sources peintes ou dessinées, des objets, attirent l’œil du visiteur, donnant une impression que les objets ressortent du papier peint, comme en relief. La chambre éphémère est aussi un clin d’œil au jardin de l’Hôtel WindsoR.

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Nicolas Rubinstein – Réparer le Monde, préparer le monde….
La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L’homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l’observent avec des regards familiers (…)
Correspondances Charles Beaudelaire in Les fleurs du mal, 1857
Revendiquant totalement ce poème de Baudelaire, l’artiste nous en livre ici une illustration actualisée et contemporaine où la Nature est malade, blessée.

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Intermédiaire entre le monde sensible et son sens caché
précise: « Les arbres qui servent de colonnes à ce temple païen exposent maintenant leurs entrailles, leurs plaies et leurs cicatrices, les terres sont abîmées et laissent apparaître leur ossature. Si la Nature a changé depuis le XIXème siècle, le symbolisme présent dans ce sonnet est toujours d’actualité et comme le poète, je me vois comme un intermédiaire entre le monde sensible et son sens caché. Par cette exposition, je souhaite mettre en évidence le rapport que l’homme entretient avec le monde, et cherche à nous interroger, par ces « correspondances », sur la nécessaire attention que nous devons porter à la planète qui nous supporte. »

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Mettre en évidence les structures cachées
Les « structures cachées » sont au cœur du travail de Nicolas Rubinstein. Squelettes et colonnes vertébrales sont ainsi des éléments récurrents de son travail. Après l’avoir cherché dans l’écorce terrestre, à l’image de l’épine dorsale d’un dragon chinois qui ramperait pour créer des reliefs, l’artiste s’est mis à chercher des colonnes vertébrales dans les arbres, révélant des formes mi-animales mi-végétales. Mises en évidence, ces structures se conjuguent à l’aspect mémoriel de la croissance des arbres, visible dans les cercles de croissance qui racontent une histoire émouvante. Nicolas Rubinstein interroge ainsi l’Homme sur son rapport à la Nature et à la Terre qui le porte et rappele de façon humoristique et ironique que tout est lié.

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Des chambres d’artistes
En 1987, Bernard Redolfi participe à un voyage à Gand, organisé par Christian Bernard, directeur de la Villa Arson. C’est à la suite de ce voyage que le concept des chambres d’artistes commença à émerger. En 1989, il décide de confier une première chambre à Joël Ducoroy. Il poursuit ensuite la rénovation de l’hôtel en constituant une collection de chambres uniques au monde, décorées par Ben, Glen Baxter, Claudio Parmiggianni, Robert Barry… Ce travail fut réalisé en étroite collaboration avec Martine De La Châtre, amie d’enfance et galeriste réputée à Nice, puis dans le Marais. Depuis 2004, sa nièce Odile Redolfi-Payen dirige à son tour l’Hôtel WindsoR dans le même esprit et assure la continuité de la collection avec un engagement très fort.

Ben ©YesICannes.com
Une collection d’œuvres uniques
L’Hôtel WindsoR est également un lieu chargé d’histoire de l’art car il a la particularité d’abriter une collection d’œuvres uniques d’artistes célèbres issus de l’art contemporain. Ben, Mathieu Mercier, Glen Baxter, Henri Olivier, Raymond Hains, Noël Dolla, Aicha Hamu, François Morellet, Felice Varini, Choi Jeong Hwa, Robert Barry… sont venus poser leur griffes dans 34 chambres de l’établissement niçois. Le plasticien Nicolas Rubinstein a déjà apposé son art en 2021 sur la 33ème chambre de l’établissement mythique.

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Le Festival OVNi
Odile Redolfi-Payen est l’organisatrice du Festival OVNi, premier festival d’art vidéo en France, qui se déploie sur une trentaine de lieux – hôtels, institutions, endroits insolites – et met en valeur chaque année 100 artistes depuis huit ans. L’édition 2023 aura lieu du 11 novembre au 3 décembre sur le thème de Whispers of the Stars (le murmure des étoiles).

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Hôtel WindsoR
11, rue Dalpozzo
06000 Nice
Tél: +33 (0)4 93 88 59 35

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Nicolas Rubinstein ©YesICannes.com
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